« Appel pour une Suisse humanitaire »
Berne, 27 avril 2004 (Apic) Lors de sa session spéciale du 3 au 7 mai prochain, le Conseil national traitera de la loi sur l’asile et de la loi sur les étrangers. De nombreuses actions du collectif « Sans nous, rien ne va plus » se dérouleront le 4 mai dans 15 villes de Suisse pour réclamer une politique de migration humanitaire.
Un « Appel pour une Suisse humanitaire » a été lancé par plus de 100 mouvements politiques, ecclésiaux, humanitaires, idéologiques et autres, regroupés sous le collectif « Sans nous, rien ne va plus ». Le texte appelle la Suisse à « ratifier au plus vite la Convention de l’ONU sur les droits des migrants, la Charte sociale européenne ainsi que d’autres conventions internationales importantes ». Ainsi, le pays « renforcera son programme d’aide au développement et à la coopération », relèvent les auteurs, qui rappellent encore que « les versements des immigrés à destination de leurs pays d’origine dépassent aujourd’hui de loin les contributions de la Suisse à l’aide au développement ».
Les signataires estiment entre autres que « quiconque paie des impôts doit être autorisé à participer aux décisions politiques qui le concernent ». Ils rappellent que les immigrées et immigrés payent 15 milliards d’impôts par an et déboursent 6 milliards pour les assurances sociales. Ils demandent également un droit d’asile qui, « au lieu d’être axé sur la dissuasion, porte assistance à ceux qui en ont besoin et reconnaisse à tous les requérants d’asile le droit de vivre dans la dignité et la sécurité ».
Dérive du débat parlementaire vers la xénophobie
« Ce n’est pas avec des lois plus sévères qu’on pourra empêcher ou mieux gérer le phénomène migratoire. On risque de générer ainsi tout simplement plus de souffrances, plus d’injustices et d’exploitation », dénonce l’OSEO (OEuvre suisse d’entraide ouvrière), un des auteurs de l’appel, dans un communiqué diffusé le 27 avril. Pour sa part, l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) « met en garde contre la dérive du débat parlementaire en direction de la xénophobie ». L’OSEO critique en particulier « le frein mis au regroupement des familles, au choix du domicile ou les efforts faits pour rallonger encore la période d’interdiction de travailler pour les requérants d’asile ». L’esprit de l’initiative sur l’asile, pourtant refusée par le peuple, refait surface dans la loi révisée: celui qui entre en Suisse en transitant par un pays « sûr » reçoit automatiquement une décision de refoulement et se retrouve à la rue sans aucune assistance, dénonce l’organisation.
L’OSEO demande au Conseil national d’assurer l’accueil humanitaire, de reconnaître la persécution non étatique comme motif d’asile, de garantir l’Etat de droit dans la procédure d’asile et de ne pas mêler la coopération au développement avec le droit sur l’asile. (apic/com/bb)
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