Rome: Le traité de non-prolifération des armes nucléaires mis en danger selon le Vatican
Rome, 28 avril 2004 (Apic) Le Saint-Siège veut «protéger l’intégrité» du traité de non-prolifération des armes nucléaires tout en reconnaissant la nécessité de poursuivre la recherche pacifique et vitale en ce domaine. Ce dilemme a été exposé par Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies.
Le représentant du Saint-Siège participe à la troisième session du Comité préparatoire pour la révision du traité de non-prolifération des armes nucléaires (NPT) en 2005, qui a débuté le 26 avril et se conclura le 7 mai.
Si le traité de 1968 a contribué à la paix mondiale, «son intégrité et sa juste application sont aujourd’hui un défi». Particulièrement dans un contexte géopolitique marqué par l’existence «de réseaux terroristes internationaux acquérant des armes de destruction de masse», a expliqué Mgr Migliore.
Le représentant du Saint-Siège à l’ONU a ainsi pointé du doigt, sans les nommer, «certains Etats qui professent ardemment leur soutien au NPT, mais sont toujours attachés à leur politique militaire fondée sur la dissuasion nucléaire». Mgr Migliore a réitéré la position fondamentale du Vatican: «une paix fondée sur les armes nucléaires, ne peut pas être la paix». Ainsi, «s’il est clair que certaines recherches sont nécessaires dans le domaine du nucléaire civil», elles doivent être détachées des programmes militaires, et le prélat d’appeler à un renforcement de l’Agence internationale pour l’énergie atomique pour contrôler l’utilisation de la matière fissile dans le monde.
Mgr Migliore a conclu en appelant tous les Etats «à exprimer rapidement leur détermination à protéger l’intégrité du NPT», d’avancer l’agenda de révision du traité par un «dialogue global et multilatéral», nourri par les analyses d’experts et l’opinion publique.
Traité signé par 188 pays en 1968
Signé à Londres, Moscou et Washington en 1968, le traité de non- prolifération nucléaire vise à interdire l’exportation des armes et techniques nucléaires vers les pays qui n’en sont pas dotés, à favoriser le désarmement de ceux qui en possèdent, mais aussi à favoriser la diffusion du nucléaire civil. 188 pays l’ont signé, à l’exception notable de trois puissances nucléaires, l’Inde, le Pakistan, et Israël. Le 11 mai 1995, 170 pays ont toutefois décidé de rendre permanent le TNP, qui avait été ratifié en 1970 pour une durée de 25 ans. Lors des conférences de révision du TNP, menées tous les cinq ans à partir de 1975, l’interdiction des tests nucléaires a constitué la principale source de discorde.
En 1999, le Sénat américain a remis en question l’interdiction totale des expérimentations. Les négociations concernant le traité d’interdiction de la production de matières fissiles à de fins militaires n’ont débuté, très difficilement d’ailleurs, qu’en 1998 avec la création d’un comité spécial de la Conférence du désarmement de Genève. En définitive, les travaux de la Commission de révision du traité s’ouvrent sur les mêmes difficultés que lors des rencontres précédentes. En mai 2002, le représentant du Saint-Siège, Mgr Francis Chullikatt, avait déploré une «régression» des pays dans le domaine de la non-prolifération nucléaire. (apic/imedia/bb)
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