Genève: Les féministes solidaires des travailleuses sans statut légal
Genève, 28 avril 2004 (Apic) A l’instigation du Collectif du 14 juin, qui coordonne les actions féministes à Genève, cinquante organisations lancent un appel pour la régularisation des personnes sans statut légal (ou « sans- papiers »). Elles l’ont transmis le 27 avril au Conseil d’Etat.
Des musiciens latino-américains dans la cour de l’Hôtel de Ville de Genève où se sont rassemblées, le 28 avril, des femmes sans statut légal portant un masque blanc. Puis une pantomime. Une femme de ménage prend soin d’un bébé, passe l’aspirateur, nettoie les vitres, repasse des vêtements. Ses patrons rentrent du travail, l’homme s’installe devant la télévision, son épouse glisse un billet de banque à la femme de ménage. A sa mine, on voit qu’elle est mal payée pour son travail.
Dans la réalité, une telle scène se joue quotidiennement, à quelques variantes près, dans des dizaines de milliers de foyers de notre pays. Ces dernières années, remarque le Collectif du 14 juin, né à la suite de la grève des femmes du 14 juin 1991, le taux d’activité professionnelle des femmes s’est fortement accru, les familles monoparentales et les personnes âgées requérant des soins constants se sont multipliées. Or, crèches et EMS manquent de place et les coupes dans le budget des collectivités publiques ne laissent rien présager de bon à cet égard. Par ailleurs, les hommes ne semblent pas disposés à partager équitablement les tâches domestiques. C’est pourquoi l’on recourt à de la main-d’oeuvre, essentiellement féminine, provenant d’Amérique latine, des Philippines ou encore d’Afrique.
Les proies faciles d’un système non réglementé
Ces travailleuses sont pour la plupart en séjour irrégulier dans notre pays. « Exploitées, fragilisées par l’absence d’un statut légal, nous sommes les proies faciles d’un système non réglementé. Cette situation est de nos jours inexcusable dans un pays développé et démocratique. Si nous avons le courage de sortir de l’ombre, ce n’est pas pour pleurer et demander la charité. Ce que nous demandons, c’est une régularisation, afin de mener une vie digne », a déclaré une représentante du Collectif des travailleurs sans statut légal.
Solidaire, le Collectif du 14 juin lance un appel, remis hier au Conseil d’Etat, pour appuyer cette revendication d’une « régularisation collective », ainsi que pour réclamer « l’octroi de permis pour la main- d’oeuvre immigrée dans le secteur de l’économie domestique ». Le gouvernement genevois est certes déjà en train d’étudier la question et devrait donner son avis cet automne. Cependant, la nouvelle loi sur les étrangers, débattue la semaine prochaine au Conseil national, risque de durcir encore la situation des sans-papiers.
Cet appel est soutenu par de nombreuses organisations féministes, des partis, des syndicats, ainsi que par le Mouvement Populaire des Familles ou la Commission Tiers Monde de l’Eglise catholique. (apic/mba/bb)
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