Istanbul: Le patriarche de Constantinople suspend ses liens avec le chef de l’Eglise grecque
Istanbul, 2 mai 2004 (Apic) Suite à une querelle concernant la juridiction sur les diocèses du nord de la Grèce, le patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomé Ier a suspendu ses relations avec l’archevêque d’Athènes Christodoulos, chef de l’Eglise orthodoxe de Grèce. Cette grave décision prise vendredi 30 avril pourrait provoquer la rupture entre le siège du Patriarcat oecuménique à Istanbul et l’Eglise nationale grecque.
Le patriarche de Constantinople, qui exerce une primauté d’honneur au sein de l’orthodoxie mondiale, a révélé les tensions avec l’archevêque Christodoulos lors d’un synode international extraordinaire de 41 évêques orthodoxes, à laquelle participait également l’archevêque Demetrios, de l’archidiocèse grec-orthodoxe d’Amérique. La querelle porte sur la nomination de trois évêques par Christodoulos, décision non avalisée par le Phanar, siège du patriarcat basé en Turquie. Cette partie de la Grèce appartenait à l’Empire ottoman avant de revenir sous souveraineté grecque au début du XXe siècle et les diocèses de cette région relevaient traditionnellement du Patriarche de Constantinople.
Bartholomé Ier, « primus inter pares » de l’orthodoxie
Bartholomé Ier est le « primus inter pares » de l’orthodoxie, qui compte quelque 300 millions de fidèles appartenant essentiellement à des Eglises orthodoxes nationales autonomes ou autocéphales. Bartholomé Ier estime avoir épuisé tous les efforts en vue de la paix et de l’unité: « Ainsi aujourd’hui, a-t-il déclaré vendredi sur les ondes de la télévision grecque, nous avons pris cette décision à l’unanimité avec de la douleur dans nos âmes »,
Le patriarcat oecuménique dispose de la juridiction sur une trentaine de diocèses du nord de la Grèce et des îles de la Mer Egée, mais Christodoulos lui conteste sa souveraineté. Il a nommé la semaine dernière trois évêques sans l’approbation de Bartholomé Ier. Le chef de l’Eglise de Grèce, connu pour ses positions nationalistes, a regretté la décision de suspendre les relations, estimant que ces nominations sont en accord avec 75 ans de pratiques pacifiques – « ni plus ni moins » – basées sur un accord de 1928 entre la Grèce et l’Eglise grecque. (apic/bbc/ag/be)
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