Prisonniers sans droit, le droit prisonnier ?

Genève: Les juristes d’Amnesty International inquiets du sort des détenus de Guantanamo

Genève, 3 mai 2004 (Apic) Alors que des organisations de défense des droits humains dénoncent une pratique systématique de la torture dans les geôles américaines en Irak, les juristes d’Amnesty International s’inquiètent du sort des détenus de Guantanamo. Ils organisent samedi 8 mai prochain à Genève une journée de réflexion intitulée « Guantanamo : prisonniers sans droit, le droit prisonnier ? ».

Des spécialistes des droits humains et des avocats spécialisés dans la question de Guantanamo feront le point sur le « trou noir légal » que constitue la prison américaine de Guantanamo Bay, à Cuba. Javier Nart, défenseur d’un prisonnier incarcéré à Guantanamo, s’exprimera notamment sur cette zone exempte de droits humains. Avocat au Barreau de Barcelone, J. Nart est un ancien reporter de guerre.

« Trou noir légal »: troisième année de captivité sans accès à un avocat

Le 12 janvier 2002, les premières personnes faites prisonnières durant l’intervention américaine en Afghanistan étaient transférées à la base militaire de Guantanamo, sur l’île de Cuba. Aujourd’hui, 660 citoyens de 42 pays y sont enfermés. Certains détenus ont entamé leur troisième année de captivité sans avoir eu accès à un avocat, et sans charges ni procès.

Il est plus que nécessaire de mettre fin à cette « parodie de justice », exige Amnesty International, qui critique depuis longtemps les conditions inhumaines de détention et les méthodes d’interrogatoire utilisées. Ces prisonniers dits « de sécurité » n’ont pas de statut légal, en raison de leur classification comme « combattants illégitimes ». Les Etats- Unis refusent de soumettre ce statut légal à un tribunal indépendant et violent ainsi les Conventions de Genève.

La conférence aura lieu à la Maison des Associations, à Genève. Après l’introduction par Daniel Bolomey, secrétaire général de la Section suisse d’Amnesty International, Hans-Peter Gasser, docteur en droit, chargé de cours à l’Université de Fribourg, parlera de la lutte contre le terrorisme, des « combattants illégaux » et du droit international humanitaire. Marc Henzelin, avocat au Barreau de Genève, chargé de cours à l’Université de Genève, évoquera les conditions d’un procès pénal. Le point de vue d’Amnesty International sur Guantanamo sera présenté par Peter Splinter, directeur du bureau d’Amnesty International à l’ONU. D’autres interventions et deux tables rondes ouvertes au public sont prévues. (apic/ai/com/be)

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