Il professe un dogmatisme qui dépasse les confessions

Crêt-Bérard: L. Manicardi, de la communauté de Bose, pour une réforme de la vie spirituelle

Crêt-Bérard, 9 avril 2004 (Apic) Le Frère Luciano Manicardi, moine de la Communauté de Bose, en Italie, était l’invité de la Maison d’accueil de Crêt-Berard ce week-end. Dans sa conférence intitulée «la vie chrétienne belle, bonne, heureuse», il a prôné face à plus d’une centaine de catholiques et de protestants une anthropologie biblique unitaire via l’humanité de la foi.

Les propos du religieux ne souffrent d’aucune ambiguïté. Il a demandé aux Eglises chrétiennes d’humaniser leur foi. Pour lui, une foi qui ignore le prochain n’en est pas une. «Le Christ lui-même, a-t-il rappelé, n’a jamais oublié l’homme. Il s’est fait homme pour le sauver».

Le moine italien pense qu’en cherchant à vivre chaque jour une réelle fraternité, les Eglises peuvent facilement vivre ensemble dans leurs différences. «Il suffit, a-t-il estimé, de partir de ce qui est simple et humain».

Partant de l’expérience de sa communauté, le moine catholique a évoqué des obstacles souvent liés aux hiérarchies confessionnels. Et de donner l’exemple de l’Eglise catholique dont il est membre. «Au début de notre communauté, se souvient-il, le Vatican interdisait au monastère de célébrer des offices publics. Aujourd’hui, a-t-il dit, au sein de notre monastère, nous mettons un grand accent sur l’écoute de l’autre. «Ce qui veut dire qu’on écoute l’autre parce qu’on veut l’aimer. La communion que nous visons n’est pas encore plénière. Elle est même difficile mais nous comptons la vivre un jour».

Un idéal commun

Malgré les difficultés, la communauté de Bose reste attachée à un idéal commun pour tous ceux qui en sont membres. D’après le moine Manicardi, chacun s’efforce de connaître l’autre d’une manière plus profonde. Une vie en commun a déjà permis de voir que les différences ne sont pas surmontables. «Ce qui nous unit est plus important que ce qui nous divise».

En même temps, a conclu le conférencier, la communauté porte la souffrance d’une unité qui n’est pas encore pleine. «Nous sommes convaincus que nos divisions sont un scandale. C’est même une désobéissance à la volonté du Christ», s’est-il indigné, n’hésitant pas à dire que toutes «les Eglises sont pour cela pécheresses par rapport à la volonté du Christ». DNG

Encadré

Un monastère né au lendemain de Vatican II

La communauté de Bose est située à Magnano d’Ivrea, à 50 km, au Nord de Turin. Fondée en 1965, elle est une oeuvre de Enzo Bianchi, encore étudiant à l’époque et actuel prieur. Peu après, une soeur catholique et un frère protestant neuchâtelois sont venus rejoindre cette communauté. La mixité et l’oecuménisme de Bose venaient de naître. Un accueil est assuré toute l’année. (apic/dng/pr)

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