Refus de visa à des «enfants-délégués»: l’Italie critiquée
Florence, 13 mai 2004 (Apic) Les 134 délégués des 246 millions d’enfants travailleurs provenant d’une cinquantaine de pays ont publié mercredi à Florence, en Italie, la déclaration finale de leur premier Congrès mondial, tenu du 10 au 12 mai. Les délégués, qui disent ne plus faire confiance en leurs gouvernements, ont dénoncé l’attitude des autorités italiennes pour leur refus de visas d’entrées en Italie à de nombreux délégués.
Ces délégués ont présenté leur document en plusieurs langues, demandant au monde de les défendre contre le «trafic d’enfants, l’exploitation sexuelle, la pornographie, l’esclavage, le trafic de drogue. La liste émise par les délégués sur les abus auxquels sont soumis les enfants est longue: elle va de l’exploitation de la vente dans la rue jusqu’au ramassage des ordures, en passant par des travaux particulièrement pénibles: transports et livraison de marchandises, construction des briques. et même fabrication d’instruments médicaux et autre matériel dangereux, dans le secteur agricole, dans les mines, à la fabrication de tapis, comme soldats, dans les usines et les petits ateliers.
Le Congrès, organisé par l’association Mani Tese et les confédérations syndicales CGIL, CISL et UIL, a globalement été un succès, mais le document souligne qu’un certain nombre de «nos délégués importants sont absents. Ces enfants avaient été sélectionnés pour participer à ce rendez-vous mais ils n’ont pas obtenu les visas nécessaires pour arriver en Italie, parce que le gouvernement italien a pensé qu’ils pouvaient représenter un danger pour la sécurité et que certains d’entre eux étaient trop jeunes».
Confiance mise à mal
Dans l’acte final du Congrès, «la majeure partie des ex-enfants travailleurs ont dit avoir perdu confiance en les gouvernements à cause de leurs promesses non tenues». Alors que les gouvernements investissent de grosses sommes d’argent en armement, «il y a encore des enfants qui ne savent pas lire ni écrire.
Ces enfants n’ont pas de maison où vivre, ni de quoi manger. Les gouvernements doivent considérer les besoins des enfants comme une priorité et leur fournir tout le nécessaire pour qu’ils puissent vivre en protégeant nos droits.
Du moment que c’est aux gouvernements de protéger nos droits, de mettre fin au travail infantile et de fournir une éducation gratuite, équitable et de bonne qualité, nous avons de nombreuses requêtes à faire aux gouvernements: écouter les enfants et en tenir compte dans les décisions qui les concernent; sanctionner pénalement le travail des enfants et ne jamais criminaliser les enfants qui doivent bénéficier d’avocats gratuits s’ils veulent dénoncer la condition qui les afflige; «combattre le trafic d’enfants»; donner à tous la possibilité d’avoir une bonne instruction gratuitement; créer un plan d’action national pour faire cesser le travail des enfants; garantir que les aides au développement ne finissent pas dans de mauvaises mains.»
Les jeunes délégués demandent enfin aux gouvernements de collaborer entre eux et de travailler avec la société civile et les syndicats. En conclusion, ils exigent une meilleure information sur le travail des enfants et de créer un parlement des enfants dans tous les pays. (apic/misna/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse