Les Eglises ne voient pas d’un mauvais oeil cette défaite

Inde: Surprise, le Bharatiya Janata Party perd les élections

New Delhi, 13 mai 2004 (Apic) Contre toute attente, l’opposition, groupée derrière le Parti du Congrès de la dynastie Gandhi a remporté les élections législatives qui ont vu la droite nationaliste subir d’importants revers. Les Eglises chrétiennes ne devraient pas voir d’un mauvais oeil cette défaite.

Le Premier ministre sortant Atal Behari Vajpayee, qui a reconnu la défaite de son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP, nationaliste hindou), a fait d’ailleurs fait part de sa démissionner

Le Parti du Congrès indien est descendu dans la rue avec ses militants pour fêter sa victoire après les résultats, pas encore officiels, diffusés par la télévision indienne et qui le donnent en tête d’une vingtaine de sièges dans le dépouillement des bulletins de vote des élections nationales.

La nouvelle de cette avance surprenante et inattendue sur le parti du gouvernement sortant et des ses alliés, le Bharatiya Janata party (BJP), a été diffusée à quelques heures seulement du début du décompte des préférences des 370 millions d’électeurs, qui est effectué par un système informatisé.

« Il n’y a plus aucun doute. Il y aura un gouvernement guidé par le Congrès et par ses alliés communistes, et très probablement, avec Sonia Gandhi comme premier ministre » a déclaré à l’agence de presse britannique Reuters Bhaskar Rao, directeur du Centre d’études sur les médias de New Delhi.

Le parti du Congrès, formation politique historique de la politique d’indépendance indienne, a gouverné le pays pendant 45 ans jusqu’en 1996.

Le décompte des voix a commencé à 08H00 locales (02H30 GMT) pour départager plus de 5’000 candidats à la députation et déterminer qui gouvernera la plus grande démocratie du monde.

Les élections se sont déroulées en cinq phases, du 20 avril au 10 mai. Plus de 670 millions d’électeurs étaient appelés à voter.

Les mises en garde des Eglises

Les Eglises chrétiennes de l’Inde devraient être satisfaites de cette surprise. A plusieurs reprises, elles ont accusé le gouvernement fédéral, dominé par le parti BJP de tendance nationaliste, de promouvoir l’extrémisme hindou. Dans une mise en garde lancée le 11 février dernier, le président du Conseil national des Eglises de l’Inde (NCCI) dénonçait l’escalade de la violence anti-chrétienne dans ce pays.

Ce même Conseil notait alors « un changement radical du climat politique » depuis l’arrivée, il y a six ans, du Parti nationaliste hindou BJP à la tête du gouvernement fédéral.

Volonté d’imposer l’idéologie de l’Hindutva

Les agressions contre les chrétiens et autres minorités, comme les musulmans, font partie de « l’agenda caché » des forces nationalistes hindoues, qui veulent imposer l’idéologie de l’ »Hindutva » (« hindouisation »), faisaient valoir les Eglises chrétiennes. Cette volonté du BJP et de ses alliés fondamentalistes de faire entrer l’Inde, pays en principe laïc et démocratique, dans un moule monolithique hindou, a provoqué d’innombrables atrocités infligées aux dalits (l’ensemble des classes opprimées), aux aborigènes, aux musulmans, aux chrétiens et aux autres minorités. (apic/ag/misna/pr)

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