Le respect des traditions religieuses garant de l’unité nationale

Rome: Le pape a reçu en audience le président sénégalais Abdoulaye Wade

Rome, 13 mai 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a encouragé jeudi les efforts déployés par le président Abdoulaye Wade pour le maintien de la concorde dans son pays, en s’adressant au président sénégalais, reçu en audience.

Le respect «des valeurs et des traditions religieuses» contribue à «l’unité nationale» et à la «concorde» au Sénégal, a déclaré Jean Paul II. Dans son court discours en français, le pape, malgré quelques difficultés d’élocution, a encouragé «les efforts de tous ceux qui sont engagés dans l’édification d’une société érigée sur la justice et sur la paix, dans le respect des valeurs et des traditions religieuses propres à chacun», contribuant «à la promotion de la fraternité entre tous les membres de la société».

Le pape a reçu durant dix minutes le président sénégalais de confession musulmane, son épouse Viviane Wade, d’origine française, et sa suite composée d’une douzaine de personnalités.

Après l’échange traditionnel des cadeaux (le président a remis au pape un livre et un tableau évoquant l’île des esclaves de Gorée, qu’il avait visitée lors de sa visite au Sénégal en 1992), Abdoulaye Wade, élu à la tête du pays en 2000 face au président sortant Abdou Diouf, successeur de Léopold Sédar Senghor, a été reçu par le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Saint-Siège.

A l’issue de sa réception au Vatican, le président sénégalais a tenu une conférence de presse dans un grand hôtel de Rome sur le thème «le dialogue islamo-chrétien». Abdoulaye Wade a, en effet, exprimé son souhait d’organiser un symposium sur le dialogue entre chrétiens et musulmans à Dakar en décembre 2005.

Si le Sénégal est un pays en paix, des menaces de mort contre des évêques du pays ont pourtant été proférées par un mystérieux «groupe des jeunes d’acier», en janvier 2003. Le président Wade s’était alors présenté comme «le rempart le plus sûr de protection de la communauté chrétienne», criant à la «manipulation» des esprits menaçant la paix sociale du pays.

L’attachement de l’Eglise à la laïcité de l’Etat

Les évêques sénégalais avaient alors relevé «une dégradation du climat social et politique» du pays. Mgr Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, avait ainsi rappelé l’attachement de l’Eglise à la laïcité de l’Etat, loué le dialogue interreligieux dans le pays et s’était félicité de la présence de ministres catholiques dans le gouvernement.

En juillet 2003, alors qu’un groupe de musulmans avait proposé d’introduire la tradition musulmane dans le code du droit de la famille au Sénégal, Mgr Sarr avait appelé à la «garantie de la liberté confessionnelle». Cette réforme juridique a depuis été rejetée par les Sénégalais.

Le Sénégal compte environ 95% de musulmans et 4% de chrétiens. Les communautés religieuses vivent en très bonne cohabitation et dans un esprit de tolérance réciproque, depuis l’indépendance en 1960. Les familles mixtes sont très nombreuses dans le pays. (apic/imedia/pr)

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