Croisade de ministres de la santé réunis à Rome

Afrique: Les pays riches doivent baisser le prix des médicaments contre le sida

Rome, 14 mai 2004 (Apic) Des ministres de la santé de pays africains appellent les pays riches à baisser le prix des médicaments contre le sida pour enrayer l’épidémie en Afrique.

Une douzaine de ministres africains ont signé jeudi à Rome un protocole d’accord pour enrayer l’expansion du sida en Afrique. Il demandent des « mesures et un engagement immédiats » des pays les plus riches, en particulier la baisse des médicaments antirétroviraux.

« Le sida menace silencieusement l’Afrique et une grande partie du monde. La lutte et la victoire contre le sida sont une priorité qui ne saurait être différée pour tous ceux qui ont à coeur le futur de notre planète », peut-on lire en introduction de ce document signé au siège de Sant’Egidio – la rencontre s’est déroulée à l’initiative de la communauté Sant’Egidio -, dans le quartier du Trastevere par les ministres de la santé de Côte d’Ivoire, d’Ethiopie, de Guinée Bissau, de Guinée équatoriale, du Libéria, du Malawi, du Mozambique, de République centrafricaine, du Soudan, de Tanzanie, du Togo ainsi que le ministre de la lutte contre le sida en Côte d’Ivoire.

« C’est pourquoi nous, ministres de la santé, spécialistes, hommes et femmes qui luttons pour la justice et pour la défense de la dignité humaine, réunis à Rome à l’appel de la Communauté de Sant’Egidio, au nom de nos peuples et de notre conscience, nous nous adressons au personnel de la santé, aux agences internationales, et aux responsables des pays économiquement les plus avancés, afin que la lutte contre le sida se traduise par des mesures et des engagements immédiats », poursuit le protocole d’accord.

Si le sida est un fléau qui touche la terre entière avec trente millions de personnes atteintes par le virus, « 70 % de ses victimes naissent et meurent en Afrique », rappellent les signataires qui prônent « des ressources financières scientifiques et humaines appropriées » pour une meilleure prévention de la maladie.

L’action de Sant’Egidio

« Le traitement qui permet de vivre avec le virus et de vivre bien existe, mais il n’est disponible que pour le monde riche », déplorent ainsi les ministres africains signataires. « Or, le droit à la vie ne peut pas dépendre uniquement de la géographie. (.) C’est pourquoi nous demandons l’aide des pays les plus développés du monde et de tous ceux qui ont le pouvoir de décider dans ce domaine, afin de donner aux Africains la possibilité d’accéder au plus tôt au traitement, suivant les hauts standards de qualité que ce défi demande ».

Les ministres insistent pour demander que soit abaissé le prix des médicaments antirétroviraux et de tout ce qui sert au diagnostic et au traitement, au point d’être compatible avec les faibles ressources des pays africains. Ils demandent aux pays les plus développés de mobiliser des ressources économiques et humaines réellement appropriées pour faire cesser cette hécatombe.

Par le biais d’un nouveau projet – DREAM -, Sant’Egidio s’est engagé en Afrique pour enrayer l’épidémie, donnant la possibilité aux malades d’accéder gratuitement à une tri-thérapie. Après avoir engagé son action au Mozambique, son combat s’étend désormais à d’autres pays d’Afrique sub- saharienne. (apic/imedia/pr)

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