Trafic d’organes au Mozambique: les familles de victimes se taisent
Lisbonne, 14 mai 2004 (Apic) Les autorités locales du nord du Mozambique font taire les familles des victimes présumées d’un trafic d’organes, accusent la religieuse brésilienne Maria Elilda dos Santos. « Il n’y a pas de coopération de la part des organes gouvernementaux, au contraire il y a une vaste tentative de dissimuler ce qui se passe », a-t-elle déclaré jeudi à la presse à son arrivée à l’aéroport de Lisbonne.
Le 15 avril dernier, les religieuses des Serviteurs de Marie avaient confirmé le trafic international d’organes au Mozambique, dans une lettre adressée à la Commission de l’Union européenne. Un trafic maintes fois dénoncé par les religieuses. En vain.
Au cours d’une conférence de presse à Rome, la Congrégation religieuse des Serviteurs de Marie a confirmé qu’à Nampula, au Mozambique, des enfants et des adolescents avaient disparu mystérieusement ces plusieurs mois, victimes d’un trafic international d’organes, de rites tribaux, d’initiation à la prostitution.
A Lisbonne, Maria Elilda dos Santos a affirmé avoir quitté le Mozambique en raison des pressions subies après qu’elle eut dénoncé le trafic. « L’attitude du gouvernement au niveau local consiste à intimider les membres survivants des familles des victimes. C’est très grave parce que cela conduit les familles, qui demandaient l’aide des autorités, à reculer », a-t-elle affirmé.
La religieuse a indiqué mardi avoir reçu une lettre du gouverneur de la province septentrionale de Nampula, où elle a travaillé pendant neuf ans, lui demandant de quitter le Mozambique.
La missionnaire a par ailleurs indiqué que le trafic d’organes s’étendait à tout le pays. « Le problème a été identifié à Nampula, mais la situation s’est étendue au niveau national ».
Pour sensibiliser les gouvernements, les Serviteurs de Marie ont collecté jusqu’à présent 150’000 signatures remises au Président de la Chambre des députés, Pier Ferdinando Casini, au Parlement européen ainsi qu’au Président de la Commission européenne, Romano Prodi.
Les contours obscurs d’une triste affaire
Selon le Père Claudio Avallone, de la Maison générale des Serviteurs de Marie, qui s’est rendu à Nampula entre février et mars, les causes de la disparition sont le commerce des organes, les rites tribaux et l’initiation à la prostitution en Occident. Le « réseau de halte » porte en Afrique du Sud et en Occident à travers la Turquie.
Les contours de cette affaire sont plutôt obscurs, mais des enquêtes ont été décidées par la Parquet de Maputo, par la magistrature italienne et par l’Interpol, à la suite d’une campagne de presse orchestrée par les journaux locaux pour discréditer les religieuses du Couvent des Servantes de Marie de Nampula.
A l’origine de ces enquêtes, en effet, il y a les dénonciations des religieuses, qui ont envoyé aux autorités mozambicaines des photographies et des preuves documentées, enregistrant la disparition par défaut de cent mineurs au moins. (apic/ag/vd/pr)
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