Israël: Amnesty International dénonce la politique de terre brûlée de l’Etat hébreu
Londres/Lausanne, 17 mai 2004 (Apic) L’organisation de défense des droits humains Amnesty International (AI) a vivement dénoncé le 18 juin la « destruction injustifiée » par Israël de milliers d’habitations et de vastes étendues de terres cultivées appartenant à des Palestiniens et des Arabes israéliens.
Cette politique de terre brûlée a déjà fait plusieurs dizaines de milliers de sans abri, dénonce AI dans un rapport rendu public mardi à Londres et à Lausanne. Elle a atteint « un niveau sans précédent et doit cesser immédiatement », peut-on lire dans le rapport « Israël et Territoires occupés. Sous les décombres: la démolition de maisons et la destruction de terres et de biens ».
Au cours des trois ans et demi passés, les forces armées israéliennes ont détruit plus de 3’000 foyers, privant des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants de toit ou de moyens de subsistance. Dans un rapport rendu public le 18 mai, AI dénonce les raisons invoquées par Israël pour justifier la destruction, qui sont excessivement larges et fondées sur des politiques et pratiques discriminatoires.
Les pratiques de démolition sont discriminatoires: elles ne visent que les non juifs
Selon les Nations Unies, plus de 2’000 maisons et 10 % des terres cultivables ont été détruites à Gaza au cours des trois dernières années. En Cisjordanie, presque 90 % du mur/barrière d’Israël est édifié en territoire occupé et au moins 600 habitations ont été rasées. Dans les Territoires occupés, les démolitions sont souvent menées « à titre de châtiment collectif » pour les attaques palestiniennes ou « pour faciliter l’extension des colonies de peuplement israéliennes illégales », déclare l’organisation de défense des droits humains. Selon AI, ces deux pratiques contreviennent au droit international et certains de ces actes sont des crimes de guerre.
Bâtir sans permis, la seule solution pour les familles palestiniennes
Des politiques d’urbanisme et de construction discriminatoires rendent l’obtention de permis de construire quasiment impossible pour les Arabes israéliens et les Palestiniens. AI rappelle que la maison de Salim et Arabia Shawamreh, située dans le village d’Anata, a été démolie quatre fois et est à nouveau menacée: « Les autorités ont justifié de diverses manières leur refus de nous délivrer un permis de construire, témoigne cette famille des territoires occupés. Chaque fois que nous parvenions à remettre en cause ou à réfuter la raison invoquée pour le refus, notre demande était rejetée pour d’autres motifs. Cela nous a coûté des milliers de dollars. Nous avons fini par comprendre que c’était sans espoir et avons bâti notre demeure sans permis ».
En Israël, la démolition de maisons pour défaut de permis de construire est un phénomène courant dans le secteur arabe, relève AI, tandis que la démolition d’habitations illégales dans le secteur juif est quasiment inconnue. Les expulsions et les démolitions de maisons ne font généralement pas l’objet d’une notification préalable, et les familles ne disposent que de peu de temps, voire pas du tout, pour quitter leur foyer et récupérer leurs affaires. La plupart des cas de démolition ne sont pas soumis à un contrôle légal et ne sont pas susceptibles de recours.
Attaques terroristes: AI met en demeure l’Autorité palestinienne
Amnesty International demande à Israël de cesser toute destruction illégale d’habitations et de terres, notamment pour agrandir des implantations israéliennes et/ou pour construire le mur/barrière dans les Territoires occupés. Amnesty International demande à l’Autorité palestinienne de prendre des mesures pour empêcher les attaques de groupes armés palestiniens contre des civils israéliens. De plus, Amnesty International demande instamment aux autres Etats, en particulier aux Etats- Unis, de mettre un terme à la vente ou au transfert d’armes et de matériel qui servent à détruire illégalement des maisons et à commettre d’autres atteintes aux droits humains. (apic/ai/com/be)
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