Tout ce que vous voulez savoir sur le « marché du religieux »
Genève, 18 mai 2004 (Apic) Le Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC) sort de l’ombre, après une période de mise en place. Tout ce que vous voulez savoir sur le « marché du religieux » s’y trouve.
Jusqu’ici plutôt discret, le CIC traite déjà plus d’une demande par jour, émanant d’administrations, d’entreprises ou du public. Qui s’intéressent particulièrement aux « thérapies » basées sur une spiritualité.
Avec le recul des Eglises historiques, le domaine du religieux et du spirituel a volé en éclats au cours des dernières décennies. Même si elles ne rassemblent encore qu’un nombre restreint d’adeptes (2% de la population) les nouvelles croyances se multiplient, recourant à internet pour se faire connaître. Le rapport au sacré relève aujourd’hui plus qu’hier d’un choix individuel. Un « marché », croissant, du religieux s’est établi, spécialement dans le domaine de la santé. Des « thérapies » ayant une forte dimension spirituelle et ésotérique sont même remboursées par certaines assurances complémentaires.
Cette évolution induit un besoin d’information objective, souligné par le Conseil de l’Europe. Pour y répondre, Genève, Vaud, le Valais et le Tessin ont constitué une fondation de droit privé, le Centre intercantonal d’information sur les croyances (CIC) qui a commencé ses activités en mai 2002. Un centre modeste, puisqu’il est doté d’un budget dépassant à peine le quart de million de francs, permettant de rémunérer une historienne des religions et une sociologue. Etabli à Genève, il collabore avec l’Observatoire des religions de l’Université de Lausanne.
Vous aider à former votre propre opinion
Le CIC a pour mission de répondre, gratuitement, aux questions concernant les mouvements religieux, les croyances, les doctrines spirituelles ou ésotériques. Ces questions émanent, pour un tiers, d’administrations. Par exemple d’un Département de l’instruction publique devant se prononcer sur l’ouverture d’une école privée. Les autres proviennent de professionnels (avocats, psychologues), d’entreprises, notamment quand on leur propose un cours assurant un mieux-être, des médias et, pour un tiers, de privés.
Evaluation à la fin de l’année
La réponse, écrite, comporte une description du mouvement religieux en question à travers sa propre documentation, des indications tirées de la littérature scientifique, des articles de presse et des rapports d’associations critiques ou d’autorités publiques. Respectueux de la Constitution qui garantit la liberté de conscience, le CIC ne se prononce pas sur les croyances en cause, ni même sur leur dangerosité, souligne sa directrice, Nathalie Narbel. Il donne à ses interlocuteurs la possibilité de former leur propre opinion. Il lui arrive cependant de les orienter vers les services compétents. Ou vers un prêtre ou un pasteur lorsqu’on lui soumet un problème d’ordre spirituel.
Le CIC a déjà reçu 660 demandes. Depuis le début de l’année, il en enregistre 35 ou 40 par mois. D’où, en ce moment, un certain retard. Il organisera, le 14 octobre, un colloque sur les nouvelles croyances thérapeutiques à l’Université de Genève. Ses activités font l’objet d’une évaluation et le verdict tombera à la fin de cette année. Ses responsables espèrent qu’il ne subira pas les effets des restrictions budgétaires et que d’autres cantons accepteront de l’appuyer. (apic/mba/pr)
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