Lucerne: Les Suisses attendent des réformes de l’Eglise catholique, selon un sondage
Lucerne, 21 mai 2004 (Apic) La grande majorité des Suisses se prononce, selon un sondage représentatif de l’Institut gfs-Zurich, pour de profondes réformes dans l’Eglise catholique. Elle attend du prochain pape qu’il entreprenne des «changements de direction marquants» et conduise l’Eglise avec un tout autre profil.
Quasiment neuf Suisses sur dix veulent l’abrogation du célibat obligatoire des prêtres, partager l’Eucharistie respectivement la Sainte Cène avec d’autres chrétiens, renforcer l’oecuménisme ou donner des droits égaux aux femmes. Le théologien contestataire Hans Küng, professeur émérite de l’Université de Tübingen, a mis en garde les évêques suisses, leur demandant de prendre au sérieux les demandes du peuple de l’Eglise. sous peine d’être «bientôt des évêques sans peuple».
76% en faveur du sacerdoce des femmes
Le sondage a été réalisé dans la première partie du mois de mai par l’Institut zurichois pour le compte de la Fondation Herbert Haag en faveur de la liberté dans l’Eglise, à Lucerne, que préside Hans Küng. Sur les 1’002 personnes interrogées, en Suisse romande et en Suisse alémanique, 404 étaient catholiques romaines. Les résultats ne diffèrent pratiquement pas entre catholiques et non catholiques.
Selon un communiqué de la Fondation Herbert Haag diffusé vendredi 21 mai, le sondage a montré qu’une majorité très importante de la population suisse se prononce en faveur d’un clair changement de cap de la part du prochain pape.
89% des catholiques interrogés (contre 6%) se prononcent pour la liberté de choix en matière de célibat des prêtres, et les trois-quarts sont pour l’ouverture du sacerdoce aux femmes (76% contre 17%). Près de 70% (contre 22%) souhaitent que les divorcés puissent se remarier à l’Eglise, 65% contre 22% que les évêques soient choisis par l’Eglise locale (et non nommés directement par Rome, nda) et que le dialogue avec les autres grandes religions s’intensifie (65% contre 31%).
Pas de différences notables entre pratiquants et non pratiquants
Il est à noter, selon le sondage gfs-Zurich, que même les catholiques se sentant fortement liés à l’Eglise catholique et allant chaque semaine à la messe partagent peu ou prou l’avis de la majorité, avec des opinions favorables allant de 50 à 90%. La seule exception est le dialogue avec les grandes religions, où seuls 46% se déclarent favorables.
Les catholiques ayant peu de formation, de bas revenus et un âge au- dessus de 65 ans sont moins favorables aux réformes que la moyenne, révèle le sondage. En Suisse romande, le taux d’approbation est également plus faible sur certains sujets. Commentant les résultats du sondage, la Fondation Herbert Haag relève que la Suisse n’est pas une exception, le blocage des réformes sous le pontificat de Jean Paul II étant à son avis trop patent.
Des résultats «alarmants»
L’Eglise catholique est en train de s’éloigner toujours davantage du noyau de ses fidèles, affirme Peter Spichiger, directeur de l’Institut gfs- Zurich. Il considère que les résultats du sondage sont alarmants, d’autant plus que la perception extérieure de l’Eglise catholique ne se différencie plus que graduellement de la perception interne qu’en ont les catholiques.
La Fondation Herbert Haag «en faveur de la liberté dans l’Eglise» a été créée en 1985 et porte le nom du professeur d’Ancien Testament lucernois Herbert Haag (1915-2001), qui fut très critique à l’égard des structures de l’Eglise. Elle se veut au service d’une foi catholique ouverte, de conviction oecuménique. Les résultats du sondage peuvent être consultés sur le site internet: www.herberthaag-stiftung.ch (apic/com/be)
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