Juste avant la venue du pape en Suisse

Berne: La Suisse normaliserait ses relations diplomatiques avec le Vatican

Berne, le 23 mai 2004 (Apic) Berne: La Suisse normaliserait ses relations diplomatiques avec le Vatican, la Confédération normaliserait ses relations diplomatiques avec le St Siège et nommerait un ambassadeur officiellement accrédité.

Peu avant la venue du pape en Suisse, les 5 et 6 juin, la Confédération aurait le désir de normaliser ses relations diplomatiques avec le St Siège et nommerait un ambassadeur accrédité en bonne et due forme. C’est ce qu’a révélé samedi le correspondant à Berne du Tages-Anzeiger, Bruno Vanoni. Plusieurs sources confirmeraient la décision de la Confédération de tenir secrète pour l’instant cette décision.

La Suisse n’a pas pour l’instant d’ambassadeur accrédité au Vatican, mais compte depuis 1991 sur un «ambassadeur en mission spéciale». C’est l’ambassadeur de Suisse à Prague qui assure cette mission. A Berne, un nonce apostolique du Vatican est en charge de la diplomatie vaticane dans notre pays. (kipa/wm/vb)

Rome: Centenaire de la synagogue de Rome

Jean Paul II appelle à la paix entre juifs, chrétiens et musulmans

Rome, 23 mai 2004 (Apic) A l’occasion de la célébration du centenaire de la synagogue de Rome, dans son message adressé au grand rabbin, Riccardo Di Segni, Jean Paul II a appelé à la paix et à la réconciliation entre «ceux qui se réclament d’Abraham» (juifs, chrétiens et musulmans).

Dans son message adressé à Riccardo Di Segni, grand rabbin de Rome, à l’occasion de la célébration du centenaire de la synagogue de la capitale italienne, le 23 mai 2004, le pape a fermement souhaité que «l’inimitié n’entraîne plus dans la haine juifs, chrétiens et musulmans et cède la place à une conscience claire des liens qui les lient et à la responsabilité que les uns et des autres doivent porter». Regrettant de n’avoir pu se rendre lui-même à cette cérémonie, le pape y était représenté par les cardinaux Camillo Ruini, vicaire général de Rome, et Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens et de la Commission du Saint-Siège pour les rapports religieux avec le judaïsme.

Dans son texte, lu par le cardinal Ruini, le pape a ajouté: «Nous devons encore parcourir beaucoup de routes : celle du Dieu de la justice et de la paix, de la miséricorde et de la réconciliation, qui appelle à la collaboration dans notre monde contemporain divisé par des conflits et l’inimitié».

Jean Paul II a ensuite insisté sur la situation en Terre Sainte, que «la violence continue à ensanglanter», déplorant «le trop plein de sang innocent versé par les Israéliens et les Palestiniens». «Nous pouvons faire beaucoup ensemble, non seulement à Jérusalem et en Terre Sainte, mais aussi à Rome», a poursuivi le pape, «pour ceux qui souffrent, sont marginalisés, pour les immigrés et les étrangers, pour les faibles et les indigents. Avec les valeurs de défense de la vie et de la dignité de toutes les personnes humaines, nous pouvons accroître notre coopération fraternelle de façon concrète», a-t-il lancé.

Citoyens de Rome depuis plus de 2000 ans

Dans son message ouvert et conclu par des prières en hébreu, Jean Paul II a par ailleurs insisté sur les relations entre «l’évêque de Rome» et la communauté juive de Rome, «la plus ancienne de l’Europe occidentale, au rôle déterminant dans la diffusion du judaïsme sur le continent». Saluant les «frères aînés» des chrétiens, «citoyens de Rome depuis plus de 2000 ans, bien avant que Pierre et Paul ne vous y rejoignent», le pape a souligné le «rôle particulier de cette célébration pour la vie religieuse, culturelle et sociale de la capitale» italienne.

Jean Paul II, notant «les profonds liens de l’Eglise et de la synagogue», est aussi revenu sur les «relations d’incompréhension, de refus et de souffrance» entre les deux confessions. Il a rappelé que le dialogue avait longtemps été recherché, depuis le juif espagnol Maimonide (1138-1204), appelant à une meilleure compréhension entre juifs et chrétiens, au concile Vatican II et à la Constitution Nostra aetate (28 octobre 1964), posant les bases du dialogue judéo-catholique, fondé sur l’oecuménisme et «le refus de l’antisémitisme».

«Ces relations amicales, renforcées et développées, nous voient unis dans le souvenir de toutes les victimes de la Shoah», a encore déclaré le pape, citant en particulier la rafle des juifs de Rome en 1943 et le rôle des chrétiens, «les justes des nations», et du Saint-Siège venus à leur aide durant l’Holocauste.

Pourtant, «L’Eglise n’a pas hésité à déplorer les absences de ses fils à toutes les époques» a souligné Jean Paul II, rappelant que l’Eglise avait demandé pardon pour ces fautes, en particulier lors du grand Jubilé de l’an 2000.

Premier pape à se rendre à la synagogue de Rome

Jean Paul II avait été le premier pape à se rendre à la synagogue de Rome, le 13 avril 1986. «Un symbole du renouveau, qui a caractérisé, dans les dernières décennies, les relations entre le peuple juifs et l’Eglise catholique, après des périodes si difficiles et tourmentées», a indiqué le pape dans son discours pour le centenaire de la synagogue romaine. Nombreux étaient ceux qui espéraient que Jean Paul II se rendrait à nouveau à la synagogue de Rome pour cet anniversaire. Mais le 20 avril 2004, le Vatican avait indiqué qu’il ne s’y rendrait pas en personne.

«Nous sommes très déçus, même si la décision du pape ne nous a pas vraiment surpris», avait alors commenté le grand rabbin de la communauté juive de Rome, Riccardo Di Segni. Au Vatican, on affirmait que le pape – qui avait décliné, par courrier, l’invitation de la communauté juive – avait souhaité conserver «son caractère unique» à sa première visite effectuée à la synagogue de Rome en 1986. (apic/imedia)

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