Italie: Pour le cardinal Martini, les crucifix ont leur place dans les lieux publics
Rome, 24 mai 2004 (Apic) « Le crucifix est un symbole qui aide à se comprendre » et « je serais assez attristé si sur les murs des établissements publics, il n’en restait plus que la trace ». C’est ce qu’a écrit le cardinal Carlo Maria Martini, archevêque émérite de Milan, dans une tribune publiée dans Il Corriere della Sera, le 23 mai 2004.
« Chacun doit apprendre à connaître et à respecter les symboles du pays dans lequel il vit, s’il veut contribuer à la compréhension entre les peuples et les cultures », a expliqué le cardinal italien, établi à Jérusalem, dans le quotidien italien. « Il est vrai que pour qui ne connaît rien à l’histoire du christianisme, cette présence peut être difficile à comprendre ainsi que le sens de ce symbole », a poursuivi le prélat. « Mais je me demande si les personnes qui ne le comprennent pas dans les faits sont vraiment nombreuses, du moment que toutes les grandes religions monothéistes connaissent l’histoire du Christ crucifié ».
« Quant aux diverses sensibilités et susceptibilités qui peuvent être piquées par ce signe, vivant ici à Jérusalem, je peux apprécier la multitude des symboles que toutes les religions cultivent et les valeurs que chacun y attache », a insisté le cardinal qui se dédit désormais à l’étude de l’Ecriture sainte entre l’Italie et la Terre Sainte. Pour le prélat, le crucifix, symbole « de sacrifice, d’amour entre les hommes et de réconciliation entre les ennemis », porte des « valeurs importantes pour tous, abstraction faite de tout credo religieux ».
Controverse lancée par un militant islamiste
L’article du cardinal Martini publié par le quotidien italien, était une réponse à la controverse italienne sur la présence des crucifix dans les établissements scolaires de la péninsule. Un tribunal avait demandé, sur la plainte d’un militant islamiste, que le crucifix soit décroché des murs de l’école d’Ofena (125 Km au nord-est de Rome) fréquentée par ses enfants, en octobre 2003. Le juge avait en effet estimé que « la présence du crucifix dans les salles de classe véhicule l’adhésion implicite à des valeurs qui ne sont pas, en réalité, l’héritage commun de tous les citoyens ». Le Saint-Siège avait remis en cause cette sentence du tribunal de l’Aquila.
En appel, l’Etat italien vient de faire annuler le jugement, avec l’entier soutien du président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, qui a personnellement défendu la présence du crucifix dans les écoles. Selon la Constitution italienne, l’Etat et l’Eglise sont chacun « indépendant et souverain », et « toutes les confessions religieuses sont égales et libres devant la loi ». Reste qu’un texte de 1923 réglemente la présence du crucifix dans les écoles. (apic/imedia/bb)
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