L’Eglise bâloise se distancie de l’action de son porte-parole

Bâle: Lettre demandant la démission du pape, pas de sanction contre Xaver Pfister

Bâle, 26 mai 2004 (Apic) Le Conseil de l’Eglise catholique-romaine de Bâle- Ville (RKK) ne prendra pas de sanctions contre son chargé d’information Xaver Pfister, a déclaré au quotidien «Basler Zeitung» la présidente de l’exécutif de la corporation ecclésiastique bâloise, Gabriele Manetsch. Le théologien bâlois, initiateur d’une lettre à la Conférence des évêques suisses (CES) demandant la démission du pape Jean Paul II pour raison d’âge, ne sera pas congédié, mais la RKK se distancie de son action.

Xaver Pfister était dans le collimateur d’une partie de la RKK pour la lettre qu’il a lancée en compagnie de 41 personnalités catholiques – dont plusieurs professeurs de théologie, des prêtres et des agents pastoraux – provenant en grande partie du diocèse de Bâle. Gabriele Manetsch, qui est également présidente de la Conférence centrale catholique- romaine de Suisse (CCCRS/RKZ), a expliqué au journal bâlois que la fonction de Xaver Pfister n’a jamais été objet de débat.

Par contre, la lettre ouverte et le moment où elle a été lancée – à quelques jours de la venue du pape Jean Paul II en Suisse – a été l’objet de discussions. L’exécutif de l’Eglise catholique romaine de Bâle-Ville a pris ses distances quant à la manière et au contenu de la lettre. Le théologien bâlois a rédigé cette lettre en tant que personne privée, souligne la RKK, et non en tant qu’employé et porte-parole de la corporation ecclésiastique.

La réaction de l’évêque de Bâle a été vive

Dans leur lettre, les 41 signataires évoquent l’état de santé du pape, âgé de 84 ans, qui conduirait à une érosion de l’autorité pontificale. La réaction avait été vive de la part de Mgr Kurt Koch, évêque de Bâle. Il avait qualifié la demande d’absurde, de mauvais goût et dépourvu d’une vision saine.

La lettre a été envoyée à la CES et au nonce apostolique, avec demande de la transmettre au pape lors de sa visite les 5 et 6 juin à Berne. Les auteurs rappellent que le droit canonique demande aux évêques de démissionner à l’âge de 75 ans. Cette disposition devrait également s’appliquer au pape, en tant qu’évêque de Rome, selon eux. Ils jugent «extrêmement critiquable», y compris du point de vue de la tradition de l’Eglise, la volonté exprimée à plusieurs reprises par Jean Paul II de persévérer dans sa mission jusqu’à la fin de sa vie, de la même façon que le Christ n’est pas descendu de la croix.

Réagissant à la lettre, l’évêque de Bâle, s’est dit «déçu et attristé» par cette lettre, dont il se distancie totalement. La question du retrait du pape au moment de son 84e anniversaire et à la veille de sa venue à Berne, a été jugée de «mauvais goût» par l’évêque de Bâle. La volonté des auteurs, «que nous autres évêques transmettions au pape une lettre lui disant qu’il ne devrait pas être là car cela fait 9 ans qu’il aurait dû se retirer» est «absurde», «contraire aux convenances les plus élémentaires» en demandant aux évêques une attitude insolente, et constitue «un grave manque de courtoisie à l’égard du Saint-Père», a souligné l’évêque de Bâle, en relevant qu’il allait plutôt lui présenter personnellement ses excuses «pour ce dérapage qui, une fois de plus, provient du diocèse de Bâle». (apic/baz/com/be)

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