Elaborer une «loi fondamentale de l’Eglise» oecuménique
Rome, 31 mai 2004 (Apic) Le cardinal Julian Herranz, président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs, s’inquiète de la montée du néo-paganisme et de l’individualisme en Europe. Le canoniste d’origine espagnole, dans une interview accordée à la presse italienne, rappelle aussi que l’Eglise est «une société hiérarchiquement organisée».
Pour le cardinal Julian Herranz, une personnalité de l’Opus Dei, le droit canonique n’est pas pensé pour renforcer la hiérarchie, mais bien «pour appliquer le principe de la co-responsabilité ecclésiale». Le président du Conseil pontifical pour l’interprétation des textes législatifs souligne en outre le rôle du droit dans le dialogue oecuménique et fait part de ses inquiétudes quant à la montée du néo-paganisme en Europe.
Interrogé enfin sur la situation religieuse en Occident, le prélat remarque que depuis le XXe siècle jusqu’à aujourd’hui, l’agnosticisme religieux et le relativisme moral ont construit un type de société matérialiste et permissif. Soulignant qu’il n’est pas «pessimiste», mais qu’il a le devoir «d’être réaliste», le haut prélat affirme craindre le danger d’une diffusion croissante du «néo-paganisme» en Europe et d’un «fondamentalisme qui coupe les ailes du dialogue interreligieux» dans le tiers-monde et le quart-monde.
Pas d’opposition entre charisme et norme
Au cours d’une longue interview accordée au quotidien italien «Il Tempo» en date du 31 mai 2004, le haut prélat espagnol – dont la fonction équivaut à celle de président de la cour constitutionnelle de l’Eglise catholique – qualifie de «fausses et prétentieuses» les dialectiques qui opposent «le charisme à la norme» et «l’action de l’Esprit Saint à l’institution ecclésiastique». Il affirme que le Christ a fondé l’Eglise, non seulement comme une communion de foi, d’espérance et de charité, mais aussi comme «une société hiérarchiquement organisée». Or, «toute société a besoin du droit».
Selon le prélat espagnol, qui fut médecin psychiatre avant de se consacrer au droit, la première loi de l’Eglise est celle «du salut des âmes»; la loi «aide à la communion car elle explique les droits et les devoirs de tous, les fidèles, les clercs et les laïcs». Concernant l’oecuménisme, le cardinal Herranz rappelle que son dicastère avait travaillé durant 16 ans à élaborer une «loi fondamentale de l’Eglise» dont l’intention oecuménique était d’offrir une base commune aux «frères séparés». Certes, cette loi n’a jamais été promulguée car, selon lui, le plus urgent était alors de travailler sur les nouveaux codes latins et orientaux. Le prélat laisse toutefois entendre que ce projet n’a été ni enterré, ni oublié. «Je souhaite, a-t-il ajouté, que le droit puisse contribuer à l’oecuménisme, pas moins que la théologie». (apic/imedia/be)
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