Décision gouvernement critiquée, mais largement approuvée
Santiago, 1er juin 2004 (Apic) Catholiques et évangéliques chiliens du Chili, déjà en conflit à propos d’une loi récente visant à légaliser le divorce, se disputent de nouveau, après la décision du ministre de la Santé d’autoriser la distribution gratuite des pilules du lendemain aux victimes de viols qui veulent éviter une grossesse. Une décision largement approuvée par les citoyens: 86% la donneraient à leurs filles ou proches ayant subi un viol.
Des responsables évangéliques ont critiqué un appel du cardinal Francisco Javiez Errazuriz, archevêque de Santiago, demandant aux maires catholiques de refuser d’appliquer la loi concernant la pilule contraceptive.
«Même si nous voulons respecter toujours les autorités civiles, parfois nous nous sentons obligés de nous demander si leur décision est juste aux yeux de Dieu; car, si ce n’est pas le cas, nous devons obéir à Dieu avant d’obéir aux hommes», a souligné le cardinal dans une déclaration publiée le 2 mai et faisant part de l’opposition de l’Eglise catholique à la distribution gratuite de la pilule.
La déclaration de l’archevêque de Santiago a été aussitôt critiquée. Emiliano Soto, président du Conseil des pasteurs évangéliques de la région métropolitaine de Santiago, considère que la demande du cardinal est «une interférence supplémentaire dans la vie institutionnelle du pays». Durant une interview accordée récemment au quotidien de Santiago «La Tercera», Emiliano Soto affirme que les évangéliques sont opposés aux avortements clandestins. Mais, ajoute-t-il, comme il n’y a aucune clarté nous permettant de savoir lorsque la vie humaine commence réellement, nous respectons la liberté de conscience», concernant l’utilisation de la pilule du lendemain, a-t-il ajouté.
Même si la question de l’avortement n’a pas encore été traitée à fond par les Eglises évangéliques, a déclaré à l’Agence oecuménique ENI Elizabeth Salazar, de l’Eglise évangélique pentecôtiste, celle de la pilule du lendemain a «provoqué un débat théologique et éthique sur les droits de reproduction et le droit à la vie».
Sondage révélateur
Elizabeth Salazar, qui enseigne à la Faculté de théologie évangélique, a ajouté qu’»un grand nombre de pasteurs évangéliques pensent que la distribution de la pilule s’inscrit dans une politique juste du gouvernement qui veut protéger les droits des femmes, et notamment dans le cas de femmes violées».
Pour Ulises Muñoz, responsable de l’Eglise pentecôtiste du Chili – la troisième Eglise du Chili et la seule Eglise pentecôtiste du pays membre du Conseil oecuménique des Eglises – la déclaration du cardinal Errazuriz représente l’opinion de la section la plus conservatrice de l’Eglise catholique romaine. Ulises Muñoz a rappelé qu’il n’existe aucune preuve indiquant que la pilule du lendemain provoque l’avortement.
Un sondage effectué récemment par l’agence de recherche «Fundacion Chile 21» révèle que 82% des personnes interrogées approuvent la décision du gouvernement sur la pilule du lendemain et que 86% la donneraient à leurs filles ou proches ayant subi un viol. (apic/eni/pr)
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