Optimisme mesuré: Darfour tenu à l’écart de l’accord
Nairobi, 2 juin 2004 (Apic) Le Conseil oecuménique des Eglises (COE) et les Eglises africaines se félicitent de l’accord mettant fin à la guerre civile au Soudan. Un accord limité, et qui reste à vérifier dans les faits, puisqu’il ne concerne pas les combats dans la région du Darfour à l’ouest du Soudan, où les combats entre le gouvernement et les rebelles font craindre un nettoyage ethnique.
La signature des accords, le 26 mai, entre le gouvernement du Soudan et le principal groupe rebelle, l’Armée/Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLA), ouvre la voie à un accord de paix après une guerre civile de 21 ans.
Le gouvernement islamique du Soudan et la SPLA combattaient pour obtenir le contrôle du sud, principalement animiste et chrétien depuis 1983. La guerre a fait environ 2 millions de morts et déplacé des millions de personnes.
Bilan revu à la hausse
A la fin du mois de mai, Jan Egeland, secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, a indiqué avoir revu à la hausse le nombre des personnes déplacées en provenance de cette région, lequel est ainsi passé de 1,2 million à 2 millions. «C’est la course contre la montre la plus tragique à laquelle nous soyons actuellement confrontés», a-t-il déclaré.
Le pasteur Mvume Dandala, secrétaire général de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA), a déclaré que ces accords appelaient les Eglises à se mobiliser rapidement afin de faire de la paix une réalité sur le terrain pour le peuple soudanais. «Ce sera un grand défi»; a-t-il lancé, après la cérémonie de signature à Naivasha, ville située à quelque 80 kilomètres à l’ouest de Nairobi.
Les adversaires ont signé trois protocoles sur le partage du pouvoir et l’administration de trois régions disputées dans le centre du Soudan. Ils doivent encore accepter un cessez-le-feu définitif et régler les aspects pratiques en vue de l’application de l’accord de paix final, qui devrait intervenir dans un délai d’un mois.
Ne pas décevoir les populations
Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le pasteur Sam Kobia, s’est lui aussi réjoui de cet accord de paix, qu’il considère comme «un pas important vers la réconciliation nationale».
«C’est superbe. Nous attendions cet accord depuis longtemps. Nous sommes vraiment fatigués de la guerre», a pour sa part déclaré Mgr Joseph Abangite Gasi, évêque catholique du diocèse soudanais de Tombura-Yambio, à l’Agence oecuménique ENU. L’Eglise espère maintenant que cela sera une paix authentique. La population s’attend aussi à ce que soit une paix véritable, juste et durable».
Le gouvernement et les rebelles ont accepté de former un gouvernement d’unité nationale, mais avec des secteurs importants de décentralisation. Il a déjà été accepté que le Sud deviendra autonome pendant six ans, après quoi le peuple se prononcera lors d’un référendum pour décider s’il veut faire sécession. Les parties ont aussi accepté que la charia (loi islamique) sera appliquée dans le Nord seulement.
Les protocoles définissent aussi les modalités du partage des revenus du pétrole, de l’établissement des systèmes monétaires dans le Sud et le Nord, et de la formation de deux armées séparées. (apic/eni/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse