Soudan: Rapport accablant d’Amnesty International
Genève, 3 juin 2004 (Apic) L’organisation de défense des droit de l’homme Amnesty International (AI) a publié jeudi 3 juin un rapport accablant sur la situation dramatique qui règne dans la région du Darfour, au Soudan. Des délégués d’AI reviennent d’une mission de recherche parmi les réfugiés soudanais au Tchad et mettent en cause les autorités de Khartoum, qui appuie les milices qui sèment la mort et la destruction au Darfour.
A l’occasion de la conférence internationale des bailleurs de fonds au Darfour, qui s’est déroulée jeudi 3 juin à Genève, ces délégués ont demandé que la protection des civils fasse l’objet des mêmes mesures d’urgence que l’aide humanitaire.
« Les milices armées (Janjawid) soutenues par les forces armées du gouvernement soudanais se sont rendues responsables de violations massives des droits humains contre la population civile du Darfour », ont affirmé les délégués d’Amnesty International, lors d’une conférence de presse le 3 juin au Palais des Nations à Genève. AI parle de pillage et de destruction des villages, systématiques et bien organisés, qui ont conduit au déplacement forcé de la population rurale du Darfour.
Les « Janjawid », portant souvent des uniformes militaires et accompagnés de soldats, ont attaqué chaque village non seulement une fois, mais souvent trois ou quatre avant que la population ne prenne la fuite. La délégation d’AI – dont faisait partie la Suissesse Isabelle Scherer, habitant Nyon – ont recueilli les témoignages des habitants de la région sur des exécutions extrajudiciaires à grande échelle auxquelles ont procédé les forces de sécurité et les « Janjawid » à Murli et à Deleij.
AI estime que malgré l’horreur et la destruction au Darfour, « le gouvernement soudanais n’a pour l’instant pris aucune mesure rapide et concrète pour arrêter le cycle horrifiant d’homicides et de viols commis par les milices ’Janjawid’ ». L’accord de cessez-le-feu du 8 avril entre le gouvernement soudanais, le Mouvement/Armée de libération du Soudan (SLM/A) et le Mouvement justice et égalité (JEM) n’a rien changé à la situation désastreuse que subissent chaque jour les civils du Darfour et les réfugiés du Tchad oriental.
Selon l’organisation de défense des droits humains, la violence contre les civils apparaît fréquemment comme une tentative délibérée d’humilier les populations et de détruire leur tissu social. « Nous avons entendu des récits faisant état d’homicides sommaires et systématiques de civils, jusque dans des mosquées, de viols de femmes et de fillettes sous les yeux de leurs maris ou de leurs parents, ou encore de vieilles femmes brûlées dans leurs maisons « , ont déclaré les délégués de l’organisation.
Conséquence des ces attaques indiscriminées, des centaines de milliers de civils ont dû fuir leurs villages détruits. Les réfugiés à la frontière tchadienne vivent dans la peur permanente des attaques de « Janjawid ». Amnesty International demande que soient mis en place des observateurs des droits humains avec mandat du Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations unies, afin de surveiller de près la situation des droits humains au Darfour. (apic/ai/com/be)
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