Côte-d’Ivoire: Le Vatican offre ses services pour régler la crise politico- militaire
Abidjan, 13 juin 2004 (Apic) Le Vatican s’implique dans la recherche d’une solution à la crise politico-militaire qui secoue la Côte-d’Ivoire depuis septembre 2002. Il veut réunir à Accra (Ghana), les principaux acteurs politiques du pays. Laurent Gbagbo, chef de l’état en exercice, Henri Konan Bédié, ancien président, et Alassane Drahmane Ouattara, opposant, participeront à la rencontre.
Selon « Fraternité Matin », quotidien officiel ivoirien, c’est le nonce apostolique, Mgr Mario Zenari qui annoncé cette nouvelle, lors d’une rencontre qu’il a eue, le 8 juin à la nonciature, avec le conseil de l’Union Nationale des Journalistes de Côte-d’Ivoire (Unjci).
« Le pape a été informé de la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire. Il m’a demandé d’être son interprète auprès des hommes politiques ivoiriens pour qu’ils redoublent d’efforts », a notamment déclaré le nonce. A cet effet, a-t-il ajouté, « les autorités religieuses envisagent d’organiser une grande rencontre qui réunira Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Alassane Drahamane Ouattara, probablement à Accra ».
Jean Paul II « invite tous les hommes politiques impliqués dans le processus de paix, à prendre leurs responsabilités, afin que la Côte- d’Ivoire parvienne effectivement à cette paix », a poursuivi Mgr Zenari. « Les cris des gens fatigués par cette guerre nous parviennent tous les jours ».
Presse mise en cause dans l’aggravation de la crise
Outre la crise politico-miltaire, le nonce apostolique a exhorté les journalistes qu’il a reçus à la suite du bureau de l’Unjci, à cultiver l’amour et la paix. « Votre responsabilité et votre conscience sont engagées dans la construction de la paix », a déclaré le prélat, les invitant « à observer l’éthique et la déontologie dans l’exercice de leur profession ». La presse ivoirienne a été mise en cause dans l’aggravation de la crise du pays. Elle a souvent été accusée de jeter l’huile sur le feu.
L’évêque de Yamoussoukro, Mgr Paul Siméon Ahouana, a rappelé « le rôle prépondérant de l’Eglise dans la quête obstinée de la paix ». Face au blocage actuel, a-t-il dit, l’Eglise n’est pas restée inactive. « Nous avons privilégié le dialogue, assorti de médiation auprès des décideurs politiques pour apaiser les tensions sociales », a-t-il souligné.
Le président de l’Unjci, Amos Beonaho, a déploré cette situation de crise, soulignant que les manquements constatés dans l’exercice de la profession journalistique « nous ont amenés à initier une série de mesures, dont la loi sur la presse ». « Malheureusement, celle-ci reste toujours lettre morte quels que soient les régimes qui se succèdent, car la quasi- totalité des hommes politiques s’accommoderaient bien de la situation politique actuelle. Mais nous allons continuer à agir », a-t-il indiqué. Il a souligné que les journaux qui mettent à mal le processus de réconciliation nationale sont justement ceux dont la ligne éditoriale est soumise à une instance politique. (apic/ibc/bb)
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