Nairobi: Conférence africaine de responsables chrétiens sur le sida
Nairobi, 16 juin 2004 (Apic) Plus de 187 responsables religieux chrétiens d’Afrique ont souligné le rôle du clergé féminin dans la lutte contre le sida sur le continent. Selon le programme des Nations Unies sur le sida (Onusida), sur 26,6 millions de personnes atteintes par le virus en Afrique subsaharienne, 15 millions sont des femmes.
Les responsables chrétiens étaient réunis du 8 au 11 juin à Nairobi, à l’initiative de la Conférence des Eglises de Toute l’Afrique (Ceta) pour explorer les voies et moyens d’intensifier les efforts destinés à réduire la propagation du virus VIH.
Plusieurs déléguées ont averti qu’elles seraient confrontées à d’énormes défis pour jouer un rôle plus actif dans la lutte contre le sida. « Si un quelconque changement doit être fait pour permettre aux femmes pasteurs de s’attaquer au virus du sida et aux conséquences qu’il a sur les femmes, alors l’Eglise doit commencer par inclure l’ordination des femmes », a déclaré l’agence de presse du tiers-monde, « Inter Press Service » (IPS) Mercy Amba Oduyoye, professeur de théologie à l’Université du Ghana, et ancienne secrétaire générale adjointe du Conseil Mondial des Eglises. « La plupart des Eglises sont dirigées par des hommes », a-t-elle ajouté, relevant que « c’est le problème auquel le christianisme est confronté, notamment en Afrique ».
« Le préservatif développe la promiscuité. »
Les participants à la rencontre ont également décidé de promouvoir toutes les stratégies de lutte contre le sida, y compris l’utilisation des préservatifs. Certains responsables religieux ont exprimé des craintes à ce sujet. Ils ont estimé qu’ »encourager son utilisation développerait la promiscuité ». Le secrétaire général de la Ceta, Mvume Dandala, a reconnu que « les préservatifs ont leur utilité ». Mais a ajouté: « Nous, en tant qu’Eglises, devons demander aux populations d’assumer leurs responsabilités morales: par la fidélité au sein du couple et l’abstinence hors du couple. Mais à cause de l’ampleur de la pandémie, l’utilisation du condom a sa place ».
Le secrétaire général a encore précisé: « Nous devons soutenir l’initiative de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de fournir des anti- rétroviraux à trois millions de personnes d’ici à la fin de 2005 ». Cette initiative de l’OMS a été annoncée et approuvée l’an dernier. Jusqu’ici, moins de 50’000 personnes touchées par le sida en Afrique subsaharienne ont accès aux médicaments anti-rétroviraux. »Nous devons nous assurer que les médicaments parviendront à tous nos centres de santé, sans dépendre de fonds extérieurs, a-t-il dit en conclusion. Plus de 40%des installations médicales en Afrique (postes de santé, hôpitaux, entre autres) sont gérées par les Eglises.
Lors des travaux de la Conférence, le représentant de « Peace Forum » (Forum de la paix), une organisation non gouvernementale basée à Nairobi, a critiqué les Etats africains, qui dépensent une fortune pour des armes. « Entre 1990 et 1999, ils ont consacré plus de 10 milliards de dollars à l’achat d’armements, alors qu’ils n’en ont pas fait autant dans le secteur de la santé », a souligné le représentant de Forum de la Paix. (apic/ibc/vb)
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