Kenya: Les Eglises chrétiennes ne veulent pas de tribunaux islamiques dans la constitution
Nairobi, 17 juin 2004 (Apic) Les Eglises du Kenya sont dans l’attente de la décision de la justice du pays concernant les tribunaux islamiques. Et notamment sur leur opposition formulée à propos de l’établissement de tribunaux islamiques ou Kadhis, formulée dans le projet de constitution proposé en mars par la commission nationale qui finalise le projet. Les Eglises menacent de lancer un référendum.
Les religieux, qui représentent les Eglises méthodiste, presbytérienne et pentecôtiste groupée sous la bannière « Eglise du Kenya », ont signé sous serment une déclaration dans laquelle ils demandent la suppression de ces tribunaux. La démarche est appuyée par l’Eglise anglicane.
Depuis la présentation du projet de constitution, les chrétiens du Kenya ont protesté contre cette proposition, accusant les délégués de tenter de transformer secrètement le pays en un Etat islamique. Si leur demande échoue, les responsables d’Eglise menacent de lancer un référendum.
Le 18 mai, quatre évêques anglicans de la région du mont Kenya à Nairobi ont publié une déclaration dans laquelle ils lancent un appel au consensus sur la question des tribunaux, soulignant que le projet comprend une contradiction puisqu’il stipule: « Le Kenya est un Etat laïc ».
Aux responsables musulmans qui rappellent que les tribunaux ont toujours figuré dans la constitution, les Eglises soutiennent que la présence de ces tribunaux dans la constitution de 1895 était basée sur le fait que la puissance coloniale d’alors, la Grande-Bretagne, était une monarchie chrétienne.
« C’était une crainte raisonnable de la part des citoyens de la zone côtière qui craignaient d’être soumis à ladite religion », expliquent les responsables religieux dans un document.
« Hors » délais
Le gouvernement actuel s’est engagé à remettre la nouvelle constitution dans une période de 100 jours depuis sa prise de fonctions. Mais les désaccords portant sur le poste de Premier ministre, la présidence et maintenant sur les tribunaux Kadhis ne lui ont pas permis de respecter ce délai, alors qu’il est en place depuis 18 mois.
Les Eglises chrétiennes soutiennent que la constitution proposée par le gouvernement entraînera le chaos, car elle créera deux centres de pouvoir, et la commission de révision de la constitution se bat pour rédiger une constitution acceptable pour toutes les parties. (apic/eni/pr)
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