Près de 40 postes de ministres à la trappe entre 1997 et 2005

Genève: Le redimensionnement de l’Eglise protestante coûte des emplois

Genève, le 18 juin (APIC) Problème de finance oblige, le redimensionnement de l’Eglise protestante de Genève coûte chaque année des postes de ministres. Depuis 1997, 21 postes sont ainsi passés à la trappe. Près de 20 autres suivront le même chemin dans quelques mois. Autrement dit, 38 postes de ministres ont été supprimés ou le seront jusqu’en 2005, passant de 98 à une soixantaine l’an prochain.

La décision émane du Consistoire, dans le but de rétablir l’équilibre des finances. «Il est impossible que ceux qui vont continuer fassent tout ce qui se fait aujourd’hui», avertit Joël Stroudinsky, président de l’Eglise.

«Dans l’état actuel des finances, le redimensionnement de l’effectif de l’EPG est inéluctable et doit être entrepris sans délai, en vue d’atteindre l’équilibre des comptes dès l’exercice 2005-2006». Tel est le message que les autorités de l’Eglise ont fait passer à leur personnel, pasteurs, diacres et laïcs réunis, et qu’elles ont répété ensuite à l’intention de la presse, jeudi 17 juin. Il s’agit d’une décision prise, à huis clos, par le Consistoire lors de sa session des 10 et 11 juin.

L’excédent chronique moyen des dépenses de l’EPG est de l’ordre de 1,5 million de francs par an (il s’est même élevé à 2,5 millions lors du dernier exercice). Ce déficit a jusqu’ici été épongé par des recettes extraordinaires provenant de la vente de biens immobiliers. On ne peut pas continuer ainsi, estiment les responsables. «En 1997, on avait déjà dû mettre 22 ministres, âgés de plus de 55 ans, à la retraite anticipée. Les 78 postes restants ont depuis été diminués de 7 unités : on n’a pas repourvus certains d’entre eux, devenus vacants. On va maintenant procéder à une nouvelle réduction de 10 à 12 postes à plein temps, ce qui pourrait concerner une quinzaine de personnes».

Comment? Par des départs volontaires ou même, si cela ne suffit pas, par une décision du Conseil de l’Eglise. La Commission des ministères a déjà effectué une analyse de chaque situation, selon les compétences professionnelles et le «savoir être». A l’aide de cette analyse, le Conseil de l’Eglise choisira les personnes «dont l’avenir ministériel ne pourra plus être assuré à l’EPG».

«Nous ne pouvons pas faire plus si vous nous donnez moins»

L’Eglise n’est pas une entreprise et les membres de son personnel pas des employés comme les autres, s’efforce de rassurer Joël Stroudinsky. On mènera ce processus dans le souci des personnes. Celles qui partiront ne seront pas forcément vouées au chômage. Une quinzaine de postes sont actuellement vacants dans les autres Eglises protestantes romandes. Des pasteurs pourront aussi aller exercer leur ministère à l’étranger. On tentera de mettre sur pied des mesures d’accompagnement.

Pour autant, il ne sombre pas dans le catastrophisme. «En 1950, nous avions le même nombre de protestants et la moitié moins de pasteurs. Au fil des années, nous avons empilé les nouvelles tâches. Ce n’est plus possible, mais nous entendons rebondir positivement et accomplir notre mission, avec l’ensemble des croyants», affirme-t-il.

Ce redimensionnement s’accompagne d’une réforme organisationnelle qui permettra de distinguer les instances chargées de la «réflexion stratégique» de celles qui conduiront les «activités opérationnelles». Un «responsable des ressources humaines» aura un pouvoir de décision qui privera les lieux d’Eglise (paroisses, aumôneries.) d’une partie de leur liberté de choix. «Ces décisions doivent permettre à l’Eglise de s’adapter au temps présent», a encore souligné Joël Stroudinsky. (apic/mba/pr)

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