Rome: Négociations de l’accord financier entre le St-Siège et Israël: reprises le 5 juillet 2004
Rome, 18 juin 2004 (Apic) Les négociations en vue de la conclusion de l’accord financier entre le Vatican et le Saint-Siège seront réouvertes le 5 juillet 2004 à Jérusalem. La nouvelle a été confirmée vendredi à l’Apic par la Secrétairerie d’Etat et Oded Ben-Hur, ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, soit quelques jours après le 10e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux Etats, le 15 juin 1994. Au Vatican, on reste cependant prudent après les multiples promesses non tenues par Israël.
«C’est une reprise – après plusieurs mois de travail – des négociations interrompues en août 2003», a déclaré à I’Apic Oded Ben-Hur. «Il y a désormais une compréhension totale entre les deux parties pour conduire cet accord», a poursuivi l’ambassadeur, soulignant l’intention du Saint-Siège et d’Israël de conclure cet accord fondamental avant la fin 2004. «Ce serait la clôture historique des négociations entre nos deux Etats pour fêter dignement l’anniversaire des dix ans des relations diplomatiques «, a conclu le représentant israélien.
Au Vatican, on tempère les propos. «Nous espérons que les faits suivront après les promesses», estime-t-on à la Secrétairerie d’Etat. C’est une promesse, une de plus», confiait il y a quelques semaines un représentant du Vatican.
Pour le Saint-Siège, cette rencontre est la réouverture de négociations «au premier niveau», au sein de la commission mixte ayant en charge ce dossier. Prendront entre autres place autour de la table des négociations le nonce apostolique en Israël, Mgr Pietro Sambi, et le franciscain David Jaegger de la Custodie de Terre Sainte. Ce n’est qu’ultérieurement que le secrétaire des relations avec les Etats du Saint- Siège, Mgr Giovanni Lajolo, ou son sous-secrétaire, Mgr Pietro Parolin, pourrait éventuellement prendre part à ces discussions.
Du côté israélien, des représentants des ministères de l’intérieur, des finances, des Affaires étrangères et du Premier ministre, spécialistes du dossier, devraient assurer ces négociations.
Sources de tensions
Le retard dans les négociations sur le volet financier de l’accord de 1994 est source de tensions entre le Vatican et Israël. Le 4 mai 2004, l’ambassadeur d’Israël s’était rendu à la Secrétairerie d’Etat pour faire part à Mgr Lajolo du souhait de son gouvernement de reprendre les négociations, au plus tôt à la fin du mois de juin 2004, afin d’arriver à cet accord économique en décembre 2005.
La conclusion d’un accord économique est cruciale pour la survie et le développement des communautés chrétiennes en Terre Sainte. Il a normalement été rendu obligatoire par l’article 10 de l’accord fondamental du 30 décembre 1993, premier lien juridique entre les deux Etats avant l’établissement des relations diplomatiques six mois plus tard. Selon l’article 10, cet accord économique aurait normalement dû être signé en 1995. Il concerne essentiellement la question de l’exemption des taxes pour les congrégations et les institutions chrétiennes.
En juillet 2003, le ministre des Affaires étrangères israélien, Silvan Shalom, avait annoncé à la presse que l’accord serait conclu dans les prochains mois. Mais au mois d’août, Israël décidait de se retirer des négociations, sans justifications particulières.
Un autre point sérieux de tensions concerne les quelques centaines de visas, en attente d’être concédés au personnel religieux chrétien. Ariel Sharon a fait savoir qu’il souhaitait la mise en place d’une commission inter-ministérielle pour résoudre ces problèmes «administratifs».
Enfin, on fait remarquer au Vatican que le «mur» dit de «sécurité» est une «violation permanente de l’accord fondamental». En effet, l’article 4 de cet accord stipule qu’Israël s’oblige à «continuer de respecter et de protéger le caractère propre des lieux saints catholiques comme les églises, les monastères, les couvents, les cimetières et autres lieux du même ordre».«Une structure militaire comme ce mur est en total contradiction avec le caractère sacré des lieux et en total objection avec les accords passés», affirme-t-on au Saint-Siège. Des congrégations ont été expropriées, expulsées ou vivent sur des terrains traversés par le mur. (apic/imedia/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse