Le ton a été donné à trois jours de la visite de Zapatero

Rome: Le pape condamne l’ouverture à l’avortement et au mariage homosexuel en Espagne

Rome, 18 juin 2004 (Apic) Le pape Jean Paul II a exprime son inquiétude face aux réformes du nouveau gouvernement espagnol, en recevant vendredi le nouvel ambassadeur près le Saint-Siège. Le gouvernement socialiste espagnol se propose d’assouplir la loi sur l’avortement et de légaliser le mariage. Deux thèmes sur lesquels le pape est revenu pour les condamner.

« Les responsables politiques, en tant que garants des droits de tout le monde, ont l’obligation de défendre la vie, en particulier des plus faibles et des sans défense », a déclaré le pape au nouvel ambassadeur d’Espagne auprès du Saint Siège, Jorge Dezcallar de Mazarredo, venu lui présenter ses lettre de créances. Cela, trois jours avant de recevoir le Premier ministre José Luis Rodriguez Zapatero, nette vainqueur du camp Aznar lors des élections de mars dernier.

Jean Paul II a rappelé l’importance des valeurs du mariage, de la famille et de la vie dans une Espagne fortement marquée par son héritage catholique. Ce discours marque l’inquiétude du pape face au programme de José Luis Rodriguez Zapatero.

Le pape a insisté sur la famille, « point central et fondamental de toute société » qui ne doit pas « céder aux voix qui semblent confondre le mariage avec d’autres formes d’unions en tous points différentes, quand elles ne lui sont pas contraires, ou qui semblent considérer les enfants comme de simples objets de satisfaction personnelle ».

« Parmi les droits de la famille, a poursuivi le pape, figure celui de pouvoir naître dans un foyer stable, où les mots père et mère peuvent être prononcés avec joie et sans tromperie ».

Le pape a aussi souligné que l’Eglise appelait « les hommes et les femmes de bonne volonté à édifier une société nationale et internationale fondée sur les droits fondamentaux et irréductibles de la dignité humaine » et de la vie, condamnant l’avortement pour des raisons « de bien être ».

Enseignement de la religion catholique

Pour Jean Paul II, l’Etat doit garantir les droits de tous, dont celui à la vie. « Les véritables conquêtes sociales, a-t-il déclaré, sont celles qui assurent la promotion et la défense de la vie de chacun et, en même temps, engagent les responsables politiques à garantir le bien commun de la société ».

« On ne doit pas non plus sous-estimer l’enseignement de la religion catholique dans les institutions d’Etat, fondé précisément sur le droit de la famille qui le sollicite, sans discrimination », a insisté le pape, qui a par ailleurs rappelé que le « dialogue loyal et constructif » devait se poursuivre entre l’Eglise et l’Etat en Espagne, selon les principes de la constitution actuelle.

Le pape n’a fait qu’une allusion à la « tragique expérience récente » des attentats terroristes du 11 mars 2004 à Madrid, qui ont fait 191 morts. C’est au lendemain de ces attentats que José Luis Rodriguez Zapatero a remporté les élections législatives, le 14 mars 2004.

Au cours de sa campagne électorale, le candidat socialiste s’était engagé en faveur de l’avortement libre jusqu’à la douzième semaine de grossesse (les gouvernements précédents ne l’avaient autorisé qu’en cas de risque pour la santé de la mère, de malformation du foetus, ou de viol), pour le mariage homosexuel, et pour l’adoption d’enfants par ces couples. Il se montre par ailleurs favorable aux recherches sur le clonage humain pour raisons thérapeutiques.

Avant deux visites

« L’heure est enfin venue de respecter les choix sexuels de chaque individu, de proposer une vision laïque de la société où personne n’impose ses croyances à qui que ce soit. Ni à l’école, ni ailleurs. L’heure est venue pour nous de promouvoir l’école publique et la recherche scientifique, et d’investir dans l’avenir. L’heure est venue pour une Espagne moderne, cultivée et tolérante », avait-il déclaré lors de son discours au comité fédéral de son parti (PSOE), le 26 mars 2004.

A cette occasion, le chef du gouvernement espagnol avait également annoncé l’annulation de toutes les mesures dont avaient bénéficié les écoles privées catholiques au détriment du secteur public. Il avait en particulier remis en cause la place de la religion comme matière scolaire à part entière, comptant également pour l’évaluation des élèves. Cette mesure avait été établie par le gouvernement précédent.

José Zapatero sera reçu par Jean Paul II dans trois jours, le 21 juin 2004. La teneur du discours du pape à l’ambassadeur Jorge Dezcallar de Mazarredo semble annoncer les thèmes que le Saint-Siège devrait aborder avec la délégation espagnole. Par ailleurs, le prince Felipe, héritier du trône d’Espagne et son épouse, devraient être reçus en audience par le pape le 28 juin 2004. (apic/imedia/ag/pr)

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