Mgr Gomis favorable à des discussions avec les communautés
Colombo, 18 juin 2004 (Apic) L’archevêque de Colombo se déclare hostile à la proposition de loi interdisant au Sri Lanka les conversions religieuses forcées. Une proposition que l’alliance politique au pouvoir dans le pays a décidé de présenter au Parlement.
Aux yeux de Mgr Oswald Thomas Colman Gomis, une telle mesure « limite les droits fondamentaux de l’être humain ». Commentant à l’Agence Misna la nouvelle, diffusée il y a quelques heures à propos d’une proposition de loi sur les conversions à laquelle, sur laquelle, assure le prélat, le gouvernement méditait de longue date, Mgr Oswald Thomas Colman Gomis propose d’engager une discussion avec le gouvernement sur cet argument par le biais du ministre pour les Affaires chrétiennes, Milroy Fernando.
« Nous souhaitons par ailleurs en discuter avec toutes les parties impliquées, à savoir les bouddhistes, les hindous et les autres communautés religieuses du pays » a poursuivi Mgr Gomis. Le prélat fait enfin remarquer que le problème a déjà fait l’objet d’un débat dans le cadre du « National Christian Council » (Conseil national chrétien), qui regroupe les communautés chrétiennes de la plus grande île asiatique.
Vendredi, l’UPFA (Alliance pour la liberté du peuple uni), coalition au pouvoir dans l’ex-Ceylan, a annoncé la proposition de loi anti- conversions et en même temps un parlementaire du JHU, parti bouddhiste à l’opposition, a présenté un projet de loi analogue sur le même thème, élaboré suite à des pressions de citoyens.
Au Sri Lanka, ensanglanté par plus de 20 ans d’affrontements entre le gouvernement et les rebelles des Tigres pour la libération de l’Eelam tamoul (LTTE) – conflit davantage ethnique que religieux – les diverses confessions religieuses cohabitaient dans un climat globalement harmonieux jusqu’à il y a quelques mois encore. Les observateurs ont souligné qu’en particulier depuis l’an dernier, des sentiments d’hostilité ont commencé à se manifester entre les groupes de fois différentes, à tel point que d’aucuns craignent qu’une éventuelle loi anti-conversions puisse être instrumentalisée – comme c’est déjà le cas en Inde – afin de poursuivre les minorités. 70% de la population est bouddhiste, 15% hindoue, 8% chrétienne (dont 6,7 pour cent de catholiques) et 7% musulmane. (apic/misna/pr)
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