L’absence de référence à Dieu critiquée par les Eglises d’Allemagne

Pologne: Les évêques sont indignés à propos de la nouvelle Constitution de l’UE

Varsovie, 20 juin 2004 (Apic) Malgré un ultime baroud d’honneur vendredi soir 18 juin à Bruxelles de son Premier ministre Marek Belka, la Pologne n’a pas pu faire entériner son exigence d’une référence à Dieu dans la nouvelle Constitution de l’Union Européenne. Engagé depuis des mois dans ce combat, les évêques catholiques de Pologne ont exprimé dimanche 20 juin leur indignation à en raison de l’absence de référence explicite aux racines chrétiennes du continent.

La veille, à l’instar du Vatican, les deux grandes Eglises chrétiennes d’Allemagne – catholique et protestante – avaient elles aussi déploré l’absence de référence à Dieu dans le Traité constitutionnel de l’UE, et l’absence de référence explicite à l’héritage judéo-chrétien.

Dans une déclaration commune publiée à l’issue du grand rassemblement du Katholikentag, qui a fermé ses portes dimanche à Ulm, le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, et l’évêque luthérien Wolfgang Huber, président du Conseil de l’Eglise évangélique en Allemagne (EKD), avaient tout deux regretté l’absence de cette mention.

«Nous regrettons que les chefs de gouvernement et d’Etat n’aient pas pu se mettre d’accord pour nommer expressément ce fait historique (.) Nous regrettons aussi qu’il n’ait pas été possible de faire comprendre, par une référence à la responsabilité devant Dieu, que toute ordre humain est faillible et imparfait et que la politique n’est jamais absolue, eu égard aux expériences douloureuses des guerres et dictatures en Europe».

Une grande injustice de l’Histoire et une falsification de la vérité

Le compromis obtenu à l’arraché vendredi soir à Bruxelles mentionne toutefois que la Constitution européenne tire son inspiration «de l’héritage culturel, religieux et humaniste de l’Europe». Depuis des mois, la Pologne revendiquait une référence à Dieu dans le Traité constitutionnel européen.

A l’occasion de l’entrée de dix nouveaux Etats dans l’Union Européenne, dont la Pologne, les évêques polonais avaient lancé un appel au Premier ministre irlandais, Bertie Ahern, dont le pays assume la présidence tournante de l’UE, en soulignant que «la foi ne peut être cantonnée à la sacristie». Ils affirmaient que l’absence d’une référence à Dieu dans la Constitution européenne serait «une grande injustice et une falsification de la vérité historique».

«Laïcisme idéologique»

Récemment encore, Mgr Piotr Libera, secrétaire de la Conférence épiscopale polonaise, affirmait qu’une telle référence correspondrait «aux souhaits des millions de chrétiens, membres de l’Union européenne, ainsi qu’à la vérité historique». Dimanche 20 juin, les évêques ont laissé éclater leur déception et leur indignation face à qu’ils qualifient de «falsification de la vérité historique» et de «marginalisation du christianisme» qui a été pourtant durant des siècles – et qui est toujours – la religion de la plus grande partie des Européens.

Malgré la conviction d’une grande partie de la population du continent, les appels du Saint-Père et ceux de plusieurs épiscopats nationaux, on a renoncé à la mention des racines chrétiennes du continent, déplorent les évêques dans une déclaration publiée à Varsovie. L’épiscopat polonais – sans mentionner explicitement la France – dénonce en particulier le «laïcisme idéologique» qui caractérise l’attitude de plusieurs pays européens. Une telle attitude suscite des inquiétudes sur l’avenir de l’Europe, insistent les évêques polonais. (apic/kna/be)

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