Mais ceux qui ont vécu l’expérience incitent à rester au pays

Afrique: La pauvreté pousse les Africains à immigrer illégalement en Europe

Kinshasa, 21 juin 2004 (Apic) La pauvreté pousse les Africains à immigrer illégalement en Europe. Reste que ceux qui ont un jour vécu l’expérience poussent aujourd’hui les gens à ne pas tenter l’aventure. Et à rester dans leur pays.

Ils sont de tout âge et nombreux les Africains à vouloir quitter coûte que coûte leur continent à cause de la pauvreté. Pour ces migrants qui tentent d’entrer illégalement en Europe, le vieux continent européen apparaît comme un « eldorado ». Mais, ceux qui y ont vécu s’efforcent de convaincre les candidats qui sont prêts à braver les dangers à rester au pays.

Le Père jésuite Jacques Bakwem a séjourné en France pendant quatre ans pour des raisons d’étude. Ce prêtre congolais dirige actuellement un centre d’accueil et de réinsertion des enfants de la rue à Kinshasa, en République démocratique du Congo, RDC. Il a vu la souffrance de ses compatriotes au pays de Chirac. Raison pour laquelle, a-t-il confié à l’Agence africaine DIA, il n’encourage pas l’immigration vers l’Europe.

Le père Donatien Bafuindisoni, provincial des jésuites au Congo- Kinshasa (Province d’Afrique centrale), adopte la même attitude que son confrère. Un Ivoirien âgé de 40 ans, interrogé par l’agence onusienne ’Irin’ ne considère pas l’Europe comme cet « eldorado » si souvent décrit faussement, « dont les rues seraient couvertes d’or ». Mais aussi parfois habitées par de Le Pen en France ou des Bolcher en Suisse. Cet homme qui a vécu pendant 8 ans en France connaît la vie des immigrés clandestins. Ivoirien, il est rentré au pays, chez lui, en 1996. Après avoir « évolué » dans le domaine du travail au noir dans les restaurants, les magasins pour un salaire de misère. « Nous avons tous effectué le même type de travail », a déclaré à « Irin » cet ancien immigré clandestin, pour lequel les employeurs ne payaient pas de taxes.

L’industrie du sexe

Certains clandestins ont choisi de travailler dans le circuit de la distribution de drogue et de la prostitution. Selon l’ambassade du Nigeria à Rome, on compte plus 10’000 Nigérianes employées dans l’industrie du sexe en Italie. Un chiffre modeste au regard des estimations d’organismes internationaux, qui avancent le chiffre de 20’000 à 30’000 Nigérianes employées dans l’industrie du sexe dans la botte.

La majorité des ces immigrants africains passent par le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye, au prix d’un voyage très dangereux. Nombreux sont ceux qui sont morts de soif, de faim et de froid. Pour effectuer ce voyage périlleux, les candidats doivent payer des grosses sommes d’argent qui peuvent aller jusqu’à 6’000 dollars. A Lagos, au Nigeria, on peut se procurer sur l’avenue Oluwole un faux document ou un document un volé. Mais la remise d’une telle somme d’argent est loin de garantir le succès de l’opération.

En Europe malgré tout

Une jeune congolaise de Kinshasa, radiologue dans un hôpital de l’Etat, a entendu les récits poignants des immigrants clandestins. N’empêche. Touchant un salaire de misère dans la fonction publique, elle est prête à tenter sa chance. Depuis un mois, elle attend sa paie estimée à 20 dollars. Mais, son mari, qui travaille dans une entreprise publique ne veut pas quitter le pays. Il préfère continuer à se battre, au lieu d’aller souffrir à l’étranger.

Selon le sociologue Aly Coulibaly interrogé par l’agence ’Irin’, la meilleure manière de combattre l’immigration illégale est de lutter contre la pauvreté et le développement à l’intérieur du continent africain. Il s’agit selon lui de mettre en place des systèmes d’éducation, des programmes de création d’emplois et un engagement ferme des gouvernements d’Afrique à promouvoir la promotion de petits commerces. Du pain sur la planche, assurément. (apic/dia/pr)

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