Allemagne: Le Katholikentag remis en question par deux évêques

Un «signe de décadence dans l’Eglise»

Ulm, 22 juin 2004 (Apic) L’archevêque de Bamberg, Mgr Ludwig Schick, et l’évêque de Regensburg, Mgr Gerhard Ludwig Müller, ont fortement critiqué le «Katholikentag», qui s’est déroulé du 16 au 20 juin à Ulm en Allemagne et a attiré 26’000 participants. Ils dénoncent notamment la participation du théologien Eugen Drewermann, «un homme qui agit contre l’Eglise».

«Qu’un forum soit offert à un Drewermann» lors d’une telle rencontre constitue un «signe de décadence dans l’Eglise» contre lequel nous devons combattre, a déclaré Mgr Müller. Pour sa part, Mgr Schick a déclaré le 19 juin qu’une fois de plus, l’Eglise se présente comme «un club de débats sur tout et chaque chose». Selon lui, la plus grande attention a été apportée à ce «critiqueur professionnel de l’Eglise» qu’est Eugen Drewermann. Le Katholikentag ne consacre qu’une «percée» à Jésus Christ et se caractérise davantage par son absence d’orientation, a affirmé l’archevêque de Bamberg, reprenant le dicton: «Devant les grands arbres, on ne voit plus la forêt».

Ces remises en question ont été clairement réfutées par le cardinal Karl Lehmann, président de la Conférence épiscopale allemande, Hans Joachim Meyer, président du comité central des catholiques allemands (ZdK), et deux théologiens de Tübingen. Le cardinal Lehmann a affirmé qu’il avait vécu une toute autre expérience. Les célébrations ont été bien fréquentées et lui- même a vécu des discussions objectives et respectueuses.

Hans Joachim Meyer a expliqué pour sa part que les organisateurs du Katholikentag n’ont pas voulu éviter les discussions. Cette manifestation est et reste un lieu de dialogue public. Qui pense que cela va à l’encontre des fondements de la foi chrétienne prend le chemin vers les sectes. Le cardinal Georg Sterzinsky, archevêque de Berlin, a également apprécié l’étendue des thématiques et les orientations proposées par le Katholikentag.

Une occasion de connaître une frange très large de l’Eglise

Le directeur de l’Institut oecuménique de l’Université de Tübingen, Bernd Jochen Hilberath, a affirmé le 22 juin à l’Apic que le Katholikentag a montré «de quelle façon le catholicisme a du profil, et ceci avec l’autorisation des évêques». La manifestation a offert l’occasion de connaître une frange très large de l’Eglise.

Le pédagogue des religions Albert Biesinger, également de Tübingen, a parlé pour sa part d’une «rencontre pieuse». Il ne comprend pas le reproche d’absence d’orientations lancé par les évêques de Bamberg et de Regensburg, au vu des nombreuses impulsions spirituelles et propositions intéressantes pour la vie qu’il y a perçues. Il déplore par contre la façon dont l’événement a été traité dans les médias, et surtout à la télévision où les «problèmes de la vie des simples gens» ont été très peu abordés. Rien n’a été diffusé par exemple sur le Centre familial, alors que son atelier sur l’éducation des jeunes en âge de puberté a été mis sur pieds cinq fois en raison de son succès. (apic/kna/job/gs/bb)

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