Rome: Le patriarche Bartholomé 1er en visite au Vatican, du 28 juin au 2 juillet
Rome, 28 juin 2004 (Apic) le patriarche orthodoxe de Constantinople Bartholomé Ier, est en visite au Vatican. Du 28 juin au 2 juillet, plusieurs rendez-vous sont programmés pour marquer le 40e anniversaire de la rencontre historique entre le patriarche Athénagoras et le pape Paul VI. Le 29 juin au soir, il participera avec Jean Paul II, à la célébration de la fête des saints Pierre et Paul.
Le patriarche Bartholomé, âgé de 64 ans, élu en 1991 et «primus inter pares» au sein de l’Eglise orthodoxe, avait rendu sa première visite à Jean Paul II au Vatican, le 29 juin 1995. En janvier 2002, il était ensuite revenu à Rome pour retrouver de très nombreux responsables religieux qui avaient été invités par Jean Paul II à participer à une journée de prière pour la paix, à Assise. En 1994, il avait été choisi par le pape pour rédiger les textes de la méditation du chemin de Croix du vendredi saint.
L’invitation à se rendre une nouvelle fois au Vatican et à guider la délégation du patriarcat de Constantinople qui se rend annuellement à Rome à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, lui a été transmise par le pape en janvier 2004. Outre le patriarche, la délégation est composée de quatre métropolites, dont Alexios, résident à Atlanta, aux Etats-Unis.
A son arrivée, le 28 juin, Bartholomé 1er a été accueilli, entre autres, par le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, le cardinal Walter Kasper et par le substitut de la Secrétairerie d’Etat, Mgr Leonardo Sandri.
40 ans déjà
Le 29 juin, il rencontrera Jean Paul II. Une déclaration commune sera signée après un échange de discours. Le patriarche rencontrera ensuite le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano, puis se rendra dans la basilique Saint-Pierre afin de se recueillir devant la tombe du pape Paul VI. L’archevêque Pasquale Macchi, émérite de Lorette et témoin oculaire de la rencontre entre Paul VI et Athénagoras les 5 et 6 juin 1964, sera présent. En fin d’après-midi, le patriarche participera à la célébration solennelle de la fête des saints Pierre et Paul au cours de laquelle sera aussi remis le pallium aux nouveaux archevêques nommés dans l’année. L’évangile sera symboliquement lu en grec et en latin.
Le lendemain, 30 juin, auront lieu les traditionnelles «conversations bilatérales» entre le Saint-Siège et le Phanar, siège du patriarcat basé en Turquie. Le cardinal Kasper s’entretiendra ainsi avec le patriarche sur les relations entre les deux Eglises. Le dossier du patriarcat gréco-catholique en Ukraine, fera certainement parti des points abordés à cette occasion. Un point important, qui a failli brouiller davantage encore les relations avec les orthodoxes.
En effet, après avoir reçu, à l’automne 2003, une lettre du cardinal Walter Kasper lui faisant part du projet d’un patriarcat catholique en Ukraine, le patriarche orthodoxe russe Alexis II avait immédiatement fait suivre ce courrier à Bartholomé Ier. La réaction du patriarche de Constantinople avait été très vive. Dans une lettre envoyée à Jean Paul II en novembre 2003 et publiée tout d’abord dans la version grecque du site de son Eglise, Bartholomé Ier avait menacé l’Eglise catholique de geler ses relations avec elle en cas de création du patriarcat. Au Vatican, le ton de cette lettre n’avait pas été très apprécié.
Léger mieux
Depuis, les tensions se sont partiellement relâchées, grâce notamment, à la décision de mettre en place une commission mixte catholico- orthodoxe. Cette décision a été prise à l’occasion de la visite du cardinal Kasper à Moscou, du 18 au 23 février 2004.
Reste que le dialogue théologique officiel entre les orthodoxes et les catholiques est suspendu depuis la dernière session de la Commission mixte internationale de dialogue qui s’était réunie en l’an 2000 à Baltimore. La principale pierre d’achoppement est justement constituée par la situation des Eglises catholiques orientales rattachées à Rome et appelée «uniates» par les orthodoxes. Jean Paul II a plusieurs fois demandé la reprise de ce dialogue. Il ne manquera sans doute pas de renouveler cet appel à l’occasion de la venue de Bartholomé Ier.
Le geste de Jean Paul II
Pour marquer «la cordialité de leurs relations et l’importance des gestes symboliques d’amitié», Jean Paul II a, en outre, décidé d’accéder à la demande des orthodoxes du patriarcat de Constantinople et de leur prêter une Eglise pour leur culte à Rome. Cette Eglise, Saint-Théodore au Palatin, tout juste rénovée par le diocèse de Rome, sera inaugurée par Bartholomé 1er, le 1er juillet. Une délégation du Saint-Siège sera présente lors de la cérémonie. Ce même jour, Bartholomé 1er et Jean Paul II se retrouveront une nouvelle fois à l’occasion d’un déjeuner au Vatican. Enfin des rencontres sont prévues, au cours du séjour du patriarche de Constantinople, avec la mairie de Rome, la communauté de Sant’Egidio et Chiara Lubich, fondatrice des Foccolari. (apic/imedia/pr)
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