«C’est l’oeuvre d’un petit groupe»
Vienne, 8 juillet 2004 (Apic) La décision romaine de béatifier le dernier empereur des Habsbourg fait des vagues en Autriche. Elle est du reste sévèrement critiquée par un professeur catholique en Autriche. Il conteste le projet de Eglise de béatifier Charles de Habsbourg (1887- 1922), le dernier empereur d’Autriche-Hongrie, mort sur l’île portugaise de Madère où il s’était retiré après avoir été contraint à l’exil en 1919. Son action est pour le moins sujette à caution, estime des historiens.
«C’est l’oeuvre d’un petit groupe, mais puissant, qui a l’écoute du cardinal de notre pays», a déclaré le professeur Paul Zulehner, doyen de la faculté de théologie catholique romaine de l’Université de Vienne. «Ce n’est pas important pour l’Autriche, et le reste de la hiérarchie de l’Eglise n’est pas intéressée.»
Selon le professeur Zulehner, même si de nombreux Autrichiens ont des sympathies monarchistes, seul un petit nombre soutient l’action de l’Eglise dans cette démarche.
Les commentaires du théologien font suite à la confirmation, en mai, que le pape Jean Paul II allait béatifier Charles de Habsbourg, empereur austro-hongrois (1887-1992) lors d’une cérémonie à Rome le 3 octobre.
La béatification qui confère le titre de «bienheureux», conduit, mais pas toujours, à la canonisation. Le processus en vue de la béatification de Charles 1er a été lancé par l’Eglise catholique en Autriche en 1954.
Le pape Jean Paul II a officiellement reconnu les «vertus héroïques» du dernier empereur, et en décembre 2003, la Congrégation du Vatican pour la cause des saints a déclaré qu’un miracle était attribué à l’empereur, ce qui est une des conditions préliminaires à la béatification dans la plupart des cas.
Action sujette à caution
Selon la déclaration vaticane de mai, une religieuse brésilienne a été guérie de sa paralysie alors qu’elle priait pour la béatification de l’empereur en 1960.
Le dernier empereur des Habsbourg était devenu l’héritier du trône après l’assassinat, à Sarajevo en 1914, de l’archiduc François-Ferdinand – événement qui provoqua le déclenchement de la première guerre mondiale. Lorsque Charles a accédé au trône en 1916, il n’a pas pu stopper la désintégration de l’empire austro-hongrois.
Pour l’évêque Kurt Krenn, connu pour ses positions ultra- conservatrices, président de la Ligue des prières pour l’empereur – une organisation non officielle en faveur de la béatification -, l’empereur, qui était «motivé par les Saints Evangiles» même «dans les heures les plus sombres, les plus solitaires et les plus dures», sera reconnu en Europe centrale comme «un exemple qui illumine la voie vers le futur».
Cette canonisation suscite la controverse en Autriche. Et sans doute le sera-t-elle davantage encore dans les mois à venir. L’action politique de l’empereur durant la première guerre mondiale étant par ailleurs fortement contestée. (apic/eni/imedia/pr)
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