Référendum au Venezuela: Les évêques pour la présence d’observateurs internationaux
Caracas, 8 juillet 2004 (Apic) La Conférence épiscopale vénézuélienne demande la présence d’observateurs internationaux lors du référendum du 15 août à propos du mandat du président Chavez.
«Pour le bien de tous, il est nécessaire que le référendum soit crédible et transparent» a déclaré le président de la Conférence épiscopale vénézuélienne, Mgr Baltazar Porras, lors de l’inauguration à Caracas de la 82ème assemblée des évêques du pays sud-américain.
Se prononçant au sujet du référendum sur la révocation du mandat du président Hugo Chávez, prévu le 15 août, et exigée par l’opposition, dont plusieurs membres de l’épiscopat, Mgr Porras a dit que la présence des observateurs internationaux était très importante, car ils peuvent «donner plus de sérénité et de confiance» au scrutin.
Au nom des évêques, qui ont à plusieurs reprises critiqué le président Chávez, l’accusant de ne pas avoir assez fait pour réduire la pauvreté et les inégalités sociales, Mgr Porras a lancé un appel pour «éradiquer l’intolérance et l’exclusion et reconstruire la solidarité et la paix» au Venezuela.
Le gouvernement a formellement accepté la venue d’observateurs de l’Organisation des Etats Africains (OEA) et du Centre Carter, à la condition qu’ils acceptent un certain nombre de règles.
Si le chef de l’Etat perd ce référendum, de nouvelles élections devront être organisées dans un délai d’un mois et le nouveau président achèverait le mandat de Chávez, qui expire en janvier 2007.
Contentieux entre la hiérarchie de l’Eglise et Chavez
L’Eglise vénézuélienne n’a jamais épargné ses critiques envers le président Chavez depuis son arrivée au pouvoir en février 1999. Le cardinal Velasco, aujourd’hui décédé, avait été l’un des signataires de l’acte constitutif du gouvernement intérimaire autoproclamé, mis en place par la junte civilo-militaire des milieux de la finance et du pétrole, qui a tenté de renverser le président démocratiquement élu Chavez, dans la nuit du 11 au 12 avril. Un putsch militaire du reste appuyé sinon téléguidé par Washington.
Mgr Robert Luckert, archevêque de Coro, une ville située à 300 km au nord-ouest de Caracas, est aujourd’hui l’un des grands adversaires du président. Et la tension entre les deux hommes d’un côté, entre le président Chavez et la hiérarchie catholique du Venezuela de l’autre, ne fait qu’augmenter.
Les partisans de Chavez reprochent au prélat d’être politiquement très près de l’oligarchie vénézuélienne et trop peu de la population. Ils évoquent un «vieux contentieux politiques».
Le soutien apporté par l’archevêque catholique de Caracas d’alors, aujourd’hui décédé, à l’opposition politique au Venezuela a toujours été critiqué. Y compris par des religieuses favorables au projet «bolivarien» du président Hugo Chavez. L’opposition n’est pas en faveur des pauvres, écrivent les soeurs, membres d’un groupe de religieuses de l’Etat de Sucre.
Bilan financier 2003 du Saint-Siège: l’analyse du cardinal Sebastiani
Les finances du Vatican souffrent de la cherté de l’euro
Rome, 8 juillet 2004 (Apic) Les finances 2003 du Saint-Siège sont dans le rouge. Moins qu’en 2002. La faute en partie à l’euro cher et au marasme économique. Ce qui invite à la poursuite de la cure d’austérité engagée. Les explications du cardinal Sergio Sebastiani, le «ministre des finances» du Saint-Siège, et son analyse d’un bilan financier présenté mercredi à Rome.
Si le bilan du Saint-Siège au 31 décembre 2003 est toujours déficitaire de 9,5 millions d’euros – alors qu’il était de 13,5 millions d’euros en 2002 -, ce résultat est largement dû à la force de la monnaie européenne par rapport au dollar américain et à la crise de l’économie mondiale. L’affirmation est du cardinal Sergio Sebastiani, président de la Préfecture des Affaires économiques du Saint-Siège, lors de la conférence de presse de présentation des résultats financiers du Saint-Siège, le 8 juillet 2004.
C’est le troisième bilan négatif consécutif présenté par le Saint- Siège qui, cependant, poursuit sa cure d’austérité pour tenter d’équilibrer les comptes.
«Nous présentons un budget en euros, alors que la plupart de nos entrées financières se font en dollars», a déclaré aux journalistes le cardinal Sebastiani. C’est ce qui explique en partie le déficit du Saint- Siège qui est aussi confronté à la crise économique mondiale. «Nous assistons à une certaine reprise du cours des actions lors du second semestre de l’année mais, en Europe, les investissements n’en profitent pas encore et surtout le cours de la demande est encore faible», a poursuivi le «ministre des finances» du Vatican.
Secteurs traditionnellement déficitaires
L’activité financière du Saint Siège – un des quatre secteurs d’activité du bilan consolidé – enregistre une perte de 11,6 millions d’euros en 2003, alors que la perte était de 16,3 millions d’euros au 31 décembre 2002. «Cela est encore dû à l’évolution très défavorable de l’économie mondiale l’année dernière», a expliqué le cardinal italien comparant les déficits des années 2002 et 2003. «Le coût relatif, dû aux fluctuations du cours des changes, se montait à 45 millions d’euros en 2002, il a été réduit à 32,8 millions en 2003, grâce à un léger mieux en ce domaine dans la seconde moitié de l’année», a-t-il poursuivi.
Un autre secteur traditionnellement déficitaire du bilan consolidé est l’activité des institutions médiatiques, à savoir le quotidien du Vatican «L’Osservatore Romano», la radio du pape, la télévision CTV ainsi que la typographie vaticane et la librairie du Saint-Siège. Ce secteur a cependant enregistré au cours des années 2002 et 2003 «une amélioration du bilan final», a indiqué le cardinal italien. Le déficit est de 1,2 millions d’euros en 2003 – contre 1,7 en 2002, – alors que la perte s’élevait à 21,6 millions d’euros en 2001. Pour l’année 2003 comme pour la précédente, a expliqué le cardinal Sebastiani, «un organisme extérieur» a apporté «une contribution importante» pour réduire le lourd déficit de Radio Vatican. L’Etat de la Cité du Vatican a en effet couvert une partie de la perte de ce secteur d’activité en octroyant 10,4 millions d’euros cette année.
L’absence de revenu
L’activité institutionnelle, qui comprend quant à elle la curie romaine et l’ensemble de ses employés, enregistre cette année une perte de 19,6 millions d’euros, perte légèrement inférieure au résultat 2002 de – 20,6 millions d’euros. Si la curie «ne peut, par sa nature, dégager aucun revenu», la réduction du déficit est due à la poursuite de la «baisse des coûts de fonctionnement», a commenté le prélat italien, notamment au niveau du personnel. Les frais de fonctionnement ont été de 99,4 millions d’euros en 2003. Ils étaient de 106 millions en 2002. «Les nonciatures, les dépenses générales et la manutention ont participé à hauteur d’un million d’euros à la baisse des dépenses globales de fonctionnement», a précisé le cardinal Sebastiani.
En revanche, le montant total des dons des Eglises particulières et des institutions ecclésiales, en vertu du code 1271 du Droit canon, ont diminué et s’élèvent à 79,6 millions en 2003, contre 85,4 millions en 2002, qui avait connu une augmentation exceptionnelle de 250 % par rapport à 2001. Sans donner de chiffres exacts, le «ministre des finances» du Vatican a confirmé qu’en dépit des scandales, la contribution des diocèses américains n’a pas baissé. Les Etats-Unis restent les premiers donateurs, suivis de l’Allemagne et de l’Italie. Le cardinal a confirmé à I’Âpic que l’Espagne se classait au quatrième rang, l’Autriche au cinquième, suivi du Canada, de la Corée du Sud et de la Pologne.
Bon point pour le secteur immobilier
Quant au quatrième secteur d’activité, le secteur immobilier, il enregistre un résultat positif de 22,4 millions d’euros, contre 19 millions en 2002, soit près de 20% de plus. Cela s’explique par une baisse des coûts de manutention des immeubles et appartements du Saint-Siège.
«La baisse des dépenses du Saint-Siège est due à une politique volontaire», a déclaré à I’Apic le cardinal Sebastiani. «Comme dans les importants diocèses de New York ou Munich, où nous avons envoyé des experts pour observer leur fonctionnement, les dépenses sont réduites au minimum. Les demandes en personnel ont été satisfaites au minimum au Vatican, de même que dans les nonciatures», a par ailleurs déclaré Paolo Trombetta, le nouveau trésorier général de la Préfecture des Affaires économique du Saint- Siège.
«Tracer des perspectives financières à long terme reste difficile dans le contexte actuel d’incertitudes économiques», a poursuivi Paolo Trombetta. «Le but est de maintenir le patrimoine et non pas de développer de nouvelles activités financières, mais de poursuivre les investissements sûrs. L’Administration du patrimoine du Saint-Siège (Apsa) n’a pas une activité spéculative, mais investit avant tout dans des titres et obligations d’Etat», a-t-il commenté. Malgré les déficits accumulés en trois ans par le Saint-Siège, leur incidence reste relativement faible par rapport à son patrimoine net existant qui s’élève à environ 700 millions d’euros.
Pas si riche.
Enfin, interrogé sur la richesse légendaire du Saint-Siège, le cardinal Sebastiani a répondu que «si nous avions tant d’argent, nous ne demanderions pas une participation si importante de la part des diocèses. Le patrimoine artistique du Saint-Siège est considérable, mais la réalité est plus prosaïque».
Traduit en plusieurs langues, le bilan financier du Saint-Siège pour l’année 2003, sera envoyé aux évêques et aux supérieurs généraux des ordres religieux. (apic/imedia/hy/pr)
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