Kenya: Protestations, pillages et vandalisme: la crise politique est profonde à Nairobi
Nairobi, 9 juillet 2004 (Apic) Les événements de ces derniers jours au Kenya – protestations populaires, pillages, vandalisme, division politique – liés au retard de l’approbation de la nouvelle Constitution, préoccupent les observateurs présents à Nairobi, dont nombre de missionnaires.
Le pays est-il vraiment au bord de la crise politique? « Il faut mettre en évidence deux aspects des manifestations de ces jours-ci » commente pour l’Agence Misna le Père Giuseppe Caramazza, directeur du « New People Media Centre ». Selon lui, le mouvement promoteur des cortèges est composé de personnes pacifiques, lasses d’attendre en vain les réformes. Mais, ajoute-il aussitôt, il existe des groupes, politiques ou autres, dont les intentions sont moins avouables, prêts à profiter de ces manifestations ».
Le président Mwai Kibaki porte la responsabilité. Il avait promis des réformes constitutionnelles à 100 jours de son élection, rappelle le religieux, puis il a repoussé l’échéance au 30 juin, puis encore plus loin.
Selon le missionnaire, l’un des politiciens les plus mécontents est un se ses alliés de la coalition gouvernementale, Raila Odinga. Ce dernier avait reçu la promesse de devenir Premier ministre (poste encore inexistante) une fois la Constitution adoptée. « Odinga et son parti cherchent à profiter politiquement de cette situation d’instabilité et de tension interne » poursuit le Père Caramazza.
Les protestations de masse ont été organisées par le mouvement réformiste « Katiba Watch » qui demande l’approbation de la charte constitutionnelle au plus vite. In autre missionnaire, le Père Renato Kizito Sesana, abonde d’ailleurs dans le sens de son collègue: « Odinga est obsédé par le pouvoir et il a changé de camp des milliers de fois. Les incidents les plus graves de ces jours-ci sont arrivés à Kisumu, son fief » commente-t-il.
Confusion alimentée
« Je crois que la plupart des Kenyans ne veulent plus des images de violence du passé, liées aux protestations antigouvernementales contre l’ex- président Daniel arap Moi. Tous veulent une nouvelle Constitution qui donne plus de garanties à la population mais en attendant, c’est un affrontement politique qui est en cours ». Pour le Père Anastas Njeru, jésuite, directeur du « akimani Centre » de Nairobi, cette conflictualité interne risque de désorienter la population.
La confusion est encore alimentée par le fait que récemment, le président Kibaki a appelé trois nouveaux ministres au sein de l’exécutif, dont deux issus du parti KANU (Kenyan african national union, de l’ex- président). En attendant analyse le jésuite, d’importantes questions de fond sont à la base de ces tensions politiques, en premier lieu la distribution des pouvoirs de l’Etat et le futur Premier ministre. (apic/misna/pr)
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