Le pape Jean Paul II invite les acteurs internationaux à faire preuve de «créativité» en matière de réduction de la pauvreté et de soutien aux pays endettés. Dans un message adressé aux participants à un séminaire international d’études or

«Ce dont nous avons besoin actuellement est une nouvelle créativité dans la charité», écrit le pape dans son message en anglais, lu à l’ouverture de ce colloque par le cardinal Renato Martino, président du Conseil Justice et Paix. «Il faut trouver de nouveaux moyens pour arriver à une distribution plus équitable des ressources du monde».

«Beaucoup a déjà été fait en matière de réduction de la dette des pays pauvres», poursuit le pape, «mais il faut encore progresser si l’on veut échapper aux effets paralysants du sous-investissement».

C’est pourquoi, estime Jean Paul II, l’Eglise, qui a toujours eu «une option préférentielle pour les pauvres», «supporte largement le ’Millenium Goal’ – ’les objectifs du Millénaire’ – voté à l’unanimité par l’Assemblée générale de l’ONU à l’automne 2000 et qui prévoit de diminuer de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Le Saint-Siège «encourage» également toutes les initiatives nouvelles qui émanent des organisations internationales ou de gouvernements particuliers.

Le projet britannique

Un projet britannique, l’IFF (Faciliter la finance internationale) visant à recueillir 50 milliards de dollars par an, grâce à l’émission d’obligations sur le marché international des capitaux a été longuement expliqué par le ministre des Finances britannique, Gordon Brown, à la cinquantaine de participants au séminaire. Le chancelier de l’Echiquier, lors d’une conférence de presse en milieu de journée, a remercié le Saint- Siège pour son «soutien crucial» dans ce projet, alors que des pays riches comme les Etats-Unis, le Japon ou encore l’Allemagne ne sont pas convaincus par ce programme.

Devant les journalistes, Gordon Brown a rappelé combien le Saint- Siège avait été «l’inspirateur» de la campagne de réduction de la dette des pays pauvres à l’occasion du Jubilé de l’An 2000, «et peut faire pression sur les gouvernements».

Et français.

Intervenant également en fin de matinée, Jean-Pierre Landau, président du groupe de travail créé par le gouvernement français pour les nouvelles contributions financières internationales, a pour sa part développé l’idée de taxes internationales supplémentaires pour pallier la pauvreté dans le monde. Pour lui, les aides aux pays pauvres ne peuvent pas dépendre des fluctuations géopolitiques ou de la croissance économique qui conditionnent les montants des budgets des pays riches destinés à l’aide au développement.

«Nous avons besoin de financements stables et prévisibles pour former et recruter du personnel à long terme», a-t-il déclaré à I’Apic. «L’aide aux pays pauvres doit être à l’abri des fluctuations de nos économies et de notre environnement». Ce Français regrette que le système actuel ne «génère pas un revenu régulier ni un engagement à moyen terme» pour l’aide au développement. (apic/imedia/bb/pr)

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