Congo RDC: L’Ituri s’embrase à nouveau, s’inquiète l’évêque de Mahagi-Nioka
Bunia, 12 juillet 2004 (Apic) Le nord de l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) s’embrase à nouveau. Les morts, les blessés et les déplacés sont nombreux, dénonce l’évêque du diocèse de Mahagi-Nioka, Mgr Marcel Utendi Tapa.
« Depuis trois semaines, les combats entre deux factions armées sur le territoire de Mahagi (nord de l’Ituri) font des ravages. On compte plus de 70 morts parmi les miliciens, mais aussi une dizaine de victimes parmi les civiles. Les combats, assure-t-il dans un entretien à Misna, ont occasionné une forte vague de déplacements ».
Selon Mgr Utendi Tapa, « des centaines de familles, avec de très nombreux enfants ont quitté Ngoté pour se réfugier au petit séminaire de Nzida. D’autres familles sont arrivées à la paroisse de Luma (à 12 kilomètres d’Aumba), et d’autres encore sont accueillies au centre Pastoral d’Ugondjo (12 kilomètres de Mahagi), cela pour fuir les affrontements dans plusieurs localités.
Des civils ont également franchi la frontière pour chercher refuge en Ouganda poursuit le prélat, qui précise que « des pillages ont lieu partout où il y a eu des combats ». Selon diverses sources citées par l’agence MISNA, des échanges de tirs auraient encore eu lieu dimanche soir et lundi matin dans la zone de Ndrélé, où se trouve un grand marché.
Cette nouvelle vague de violence qui ensanglante le nord du district de l’Ituri a débuté à la mi-juin par des combats entre des éléments des Forces armées du peuple congolais (FAPC) et ceux du Front des nationalistes intégrationnistes (FNI), deux factions respectivement guidées par Jérôme Kakwavu et par Floribert Ndjabu.
L’or et le pouvoir
Les deux milices ont pourtant conclu en juillet 2003 une alliance de non agression mutuelle, se partageant le contrôle du territoire de Mahagi. « L’accord a déjà été mis en péril en janvier 2004 » poursuit Mgr Utendi Tapa. Aujourd’hui, s’inquiète l’évêque, le territoire s’est à nouveau embrasé.
Selon lui, l’une des raisons à l’origine de ces affrontements est le contrôle des mines d’or présentes dans la zone, des mines qui sont déjà de fait exploitées par les factions rebelles, en toute illégalité. A ses yeux, une autre raison explique en partie la reprise des combats: « La diatribe entre deux chefs coutumiers qui convoitent le pouvoir sur le territoire d’Alur » explique l’évêque de Mahagi. A noter que la MONUC (mission des Nations Unies) ne dispose que de 4’800 hommes pour surveiller l’Ituri, un territoire grand comme la Belgique. (apic/misna/pr)
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