Loyola: Mgr Foley appelle les mondes des affaires et de la publicité à plus d’éthique
Rome, 14 juillet 2004 (Apic) Mgr John P.Foley a appelé le hommes d’affaire et les annonceurs publicitaires à plus d’éthique, lors de la réunion de l’Association internationale des écoles de commerce jésuites,tenue le 14 juillet 2004, à Loyola, en Espagne.
Pour le président du Conseil pontifical pour les communications sociales « le business peut être un style de vie tellement séduisant, que les gens en oublient souvent les réalités dont ils viennent, où ils vont et comment ils y vont ».
« Je sais que le business peut être à la fois séduisant et difficile », a tout d’abord affirmé le prélat américain. « Séduisant », car il apporte « récompenses financières, pouvoir et renom, et qu’il peut aussi permettre aux personnes de faire beaucoup de bien », mais aussi « difficile », car un homme d’affaire, par ses décisions, peut influencer « non seulement sa propre vie et celle de sa famille, (.) mais également la vie de milliers de personnes » liées à l’entreprise.
« J’ai souvent envisagé les dilemmes terribles auxquels les personnes mariées avec enfants doivent faire face dans un marché du travail tendu où on leur demande quelque chose (.) sujet à une discussion éthique, et qui ont peur de poser des questions, de protester ou de quitter leur travail parce qu’ils ne savent pas de quoi demain sera fait », a-t-il aussi expliqué, citant son cas personnel, par deux fois douloureux pour des raisons d’ordre éthique justement.
« Je reste convaincu qu’on peut être simultanément une personne morale, un bon annonceur et un bon homme d’affaires », a-t-il néanmoins déclaré.
Détérioration
S’arrêtant alors sur le cas spécifique de la publicité, Mgr Foley a « constaté, la détérioration de la qualité de beaucoup de publicités sur les deux dernières décennies », en terme moral. En en soulignant trois écueils, il a alors appelé les annonceurs à garder à l’esprit qu’ »être est mieux qu’avoir », que « chaque personne doit être traitée avec respect » et qu’une publicité a pour fin le « bien commun ». Il a alors dénoncé l’exploitation de femmes, voire d’hommes mis en avant comme des « objets sexe symboles » dans les publicités, et mis en garde les annonceurs contre le danger des campagnes politiques aux Etats-Unis, où la soif de pouvoir peut faire oublier au candidat « sa vision du bien commun ».
Un obstacle
A ses yeux, « un tel obstacle au processus démocratique peut (.) avoir lieu quand au lieu d’être un moyen pour exposer honnêtement les objectifs et les hauts faits du candidat, la publicité politique cherche à déformer ceux des opposants et attaque leur réputation de façon injustifiée », a dit le prélat, citant le document Ethique dans la publicité, publié en février 1997.
Pour le président du Conseil pontifical pour les Communications sociales, la publicité peut toutefois « contribuer à élargir le champ de connaissance, à baisser les prix et souvent à créer plus d’emplois, ainsi qu’à promouvoir des activités moralement saines », comme le fait de conduire prudemment. « Les bénéfices économiques de la publicité incluent le soutien de la concurrence éthiquement responsable qui contribue à la croissance économique, à la possibilité de choisir et à un développement humain authentique », a-t-il justifié.
Le rôle des écoles
Rappelant que les universités et les écoles de commerce ne devaient pas êtres des institutions amorales, risquant alors d’ouvrir la voir à des « cas Enron », cet ancien élève des jésuites, a finalement soutenu qu’il ne pouvait y avoir de claire séparation entre motifs moral et intellectuel dans une formation au monde des affaires comme dans le monde des affaires lui-même. (apic/imedia/pr)
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