« Oui », mais à condition.
Moscou, 16 juillet 2004 (Apic) En adhérant à L’Union européenne (UE), la Turquie pourrait devenir un pont entre les mondes musulman et chrétien, estime l’Eglise orthodoxe russe, qui s’exprime au sujet de l’adhésion de ce pays à l’UE. Les orthodoxes russes mettent cependant un « mais »: « Ce pays, qui se trouve à cheval entre l’Europe et l’Asie, doit encore surmonter certains problèmes, entre autres la liberté pour les minorités religieuses et ethniques, et assumer la responsabilité des erreurs passées ». Un discours qu’Ankara risque fort de ne guère écouter.
« Il est clair que l’adhésion de la Turquie à l’UE est impossible si les contradictions existantes entre la Turquie et les Etats européens voisins ne sont pas surmontées », peut-on lire dans une déclaration du Département des relations extérieures de l’Eglise figurant sur son site web.
Et d’ajouter: « Ceci est impossible sans reconnaissance mutuelle des blessures et offenses infligées, sans un examen de l’histoire passée et des mesures concrètes en vue de la réconciliation et de la coopération ».
Gros débat
La Turquie, dont la plupart des 70 millions d’habitants sont de confession musulmane, est le premier pays majoritairement musulman à demander l’adhésion à l’UE. La question a suscité – et suscite – un débat non seulement parmi les politiciens européens, mais aussi au sein des Eglises.
Les responsables de l’UE devraient en décembre prendre une décision sur l’ouverture de pourparlers avec la Turquie concernant l’adhésion, ceci dépendant de l’examen des avancées de ce pays dans le domaine des droits de la personne.
Selon l’Eglise orthodoxe russe, ce sujet est important non seulement pour les membres de l’UE mais aussi pour les pays voisins d’Europe orientale car il concerne les relations « entre civilisations » à travers l’Europe.
Manque d’ouverture
La déclaration de l’Eglise orthodoxe russe est interprétée comme une réponse à un document de discussion* sur les relations entre la Turquie et l’UE du point de vue des Eglises chrétiennes. Ce document a été publié par la Commission Eglise et société de la Conférence des Eglises européennes (KEK), qui regroupe plus de 120 Eglises anglicanes, protestantes et orthodoxes en Europe.
L’Eglise orthodoxe russe rappelle que même si 80% du territoire de la Turquie se trouve en Asie et seulement 20% en Europe, la Turquie peut être considérée comme un pays orienté vers l’Europe.
L’Eglise met aussi l’accent sur « une absence d’attitude ouverte envers les religions traditionnelles et les minorités ethniques ». Elle cite les restrictions imposées à l’Eglise orthodoxe et sur les communautés kurde et jacobite (orthodoxe) syrienne. La déclaration de l’Eglise orthodoxe russe souligne également les difficultés d’intégration des musulmans dans les pays de l’UE. (apic/eni/pr)
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