La plupart des dirigeants élus en 1998 ont été reconduits
Pékin, 19 juillet 2004 (Apic) Le septième Congrès national chinois des représentants catholiques – Eglise officielle – vient de se tenir à Pékin. Il a permis de reconduire la plupart de ses dirigeants, élus une première fois en 1998. Mgr Michael Fu Tieshan, évêque de Pékin, est ainsi reconduit à la présidence de l’Association patriotique et Mgr Joseph Liu Yuanren, évêque de Nankin, à la présidence de la Conférence épiscopale.
Avec un retard de près d’un an pour cause de SRAS, l’épidémie de pneumopathie atypique de 2003, le Congrès national des représentants catholiques s’est réuni à Pékin du 7 au 9 juillet dernier. Les dirigeants de l’Association patriotique des catholiques chinois et ceux de la Conférence des évêques de l’Eglise catholique en Chine qui avaient été élus en 1998 lors du sixième Congrès ont été reconduits dans leur fonction. Ce septième Congrès ne marque donc pas de changement ou d’évolution d’ampleur dans la gestion de la partie «officielle» de l’Eglise catholique en Chine.
Mgr Michael Fu Tieshan, évêque de Pékin, a été reconduit à la présidence de l’Association patriotique et Mgr Joseph Liu Yuanren, évêque de Nankin, à celle de la Conférence épiscopale. Selon Anthony Liu Bainian, reconduit dans ses fonctions de vice-président de l’Association patriotique, plus de 40 évêques ont pris part au Congrès. Ils y ont siégé parmi un total de 262 délégués, le Congrès comptant théoriquement 305 membres: des évêques, des prêtres, des religieuses et des laïcs, indique Eglises d’Asie.
Comme cela avait été proposé lors des réunions préparatoires de mai et juin dernier, il a été décidé que les évêques et autres délégués âgés de plus de 80 ans ne pourront désormais plus occuper les postes de président ou de vice-président des deux instances formant le Congrès. Mgr Aloysius Jin Luxian, de Shanghai, Mgr Bernardine Dong Guangqing, de Hankou, et Mgr Yu Chengcai, de Haimen, ainsi que Mgr Anthony Tu Shihua, de Hanyang, et Mgr Liu Jinghe, de Tangshan, se sont donc retirés pour rejoindre une «équipe de conseillers» adjointe à la direction de l’Association patriotique et à celle de la Conférence des évêques.
Le principe des trois autonomies réaffirmé
Selon Mgr Fang Xingyao, évêque âgé de 51 ans, responsable du diocèse de Linyi, dans la province du Shandong, élu à un des postes de vice- président de la Conférence épiscopale, le principe des trois autonomies a été réitéré lors de ce septième Congrès, tout en précisant qu’en termes de foi, l’Eglise de Chine appartient à l’Eglise universelle.
Liu Bainian a assuré aux délégués que le Congrès avait révisé les constitutions de l’Association patriotique et de la Conférence épiscopale afin de mettre celles-ci en conformité avec l’« Enregistrement des règlements des organisations sociales », texte produit par le Conseil pour les affaires d’Etat en 1998. Aucun détail sur le contenu de ces révisions n’a cependant été fourni.
Ye Xiaowen, directeur de l’Administration d’Etat des Affaires religieuses, a déclaré en ouverture du Congrès que l’indépendance et l’autonomie de l’Eglise ainsi que sa gestion démocratique et la formation appropriée de ses dirigeants devaient être les trois priorités de l’Eglise catholique en Chine. En conclusion du Congrès, Jia Qinglin, n° 4 dans la hiérarchie du Politburo, a accueilli les délégués dans le Grand hall du peuple. Dans son discours, il a mis l’accent sur l’importance des trois autonomies, insistant en particulier sur le fait que le mode d’élection et d’ordination des évêques ne devait pas être changé. Selon un délégué, Jia Qinglin a également souligné que la formation des ressources humaines au sein de l’Eglise catholique en Chine était, comparativement aux quatre autres religions reconnues par les autorités, la plus faible du pays.
Des questions
Selon Anthony Lam Sui-ki, du Centre d’études du Saint-Esprit à Hongkong, le fait que la direction des instances formant le Congrès n’a pas été changée est une bonne chose dans la mesure où cette direction n’a pas un grand impact sur le développement concret de l’Eglise catholique en Chine. Pour un autre observateur de l’Eglise en Chine, l’insistance mise sur le mode d’élection et d’ordination des évêques indique que le gouvernement a conscience de l’importance de cette question pour l’Eglise mais ne sait comment réagir au fait que, de plus en plus fréquemment, les évêques nouvellement consacrés tiennent à faire connaître publiquement leur communion avec Rome.
Parmi les autres thèmes de discussion, ont figuré les finances de l’Eglise. Selon un prêtre, délégué au Congrès, la Conférence épiscopale a pour la première fois catégorisé les ressources de l’Eglise en Chine, à savoir les revenus tirés de la location de biens immobiliers, les dons et les subventions des autorités. Aucun chiffre n’est donné. Enfin, l’importance de la formation des catéchistes a été soulignée. Des délégués ont suggéré à cet égard aux autorités que les catéchistes laïques puissent bénéficier d’un statut officiel, en tant qu’assistants du clergé. PR
Encadré
Catholiques, patrons et monde des affaires
Dans le monde des affaires, des entrepreneurs catholiques prennent à coeur la mission d’évangélisation, indique Eglises d’Asie dans son dernier bulletin.. Après deux décennies de réformes économiques et une croissance spectaculaire de la richesse produite, la nouvelle classe d’entrepreneurs privés qui est apparue en Chine populaire compte dans ses rangs des catholiques et, parmi eux, un certain nombre pour qui l’évangélisation est une mission inséparable de leur activité professionnelle. Ces entrepreneurs catholiques conçoivent leur devoir de chrétien de plusieurs manières, soit en évangélisant directement ceux de leurs employés qui ne connaissent par la foi chrétienne, soit en cherchant à recruter en priorité des chrétiens, soit encore en contribuant financièrement ou par des services au fonctionnement de leur Eglise.
Dans la province du Zhejiang, à Wenzhou, Xu a créé une entreprise industrielle qui compte aujourd’hui deux cents employés. «Je ne cherche pas seulement à avoir des employés qui travaillent pour moi. J’espère qu’ils peuvent être des personnes droites et se montrer utiles à la société», explique-t-elle, en précisant qu’elle n’hésite pas à parler de sa foi dans son usine et que quelques dizaines de ses employés sont devenus catholiques. Un de ces derniers, Xie, était un délinquant et, vers l’âge de 20 ans, faisait partie d’une bande. Plusieurs de ses amis, raconte-t-il, ont été pris par la police, condamnés à mort et exécutés «pour crimes graves». Xu l’a rencontré et lui a proposé de travailler dans son usine pour se détacher de ses mauvaises fréquentations».
Une certaine discrétion
Dans la province du Hebei, à Wuan, Bai Caiyong dirige une affaire de gaz industriels et témoigne d’une expérience similaire. Trois cents des 700 employés de son usine sont devenus catholiques et des cérémonies liturgiques sont organisées sur place. Selon le témoignage de catholiques du diocèse de Handan, c’est la gentillesse et la générosité de Bai qui ont amené certains de ses employés à se convertir. Un prêtre de Wenzhou explique toutefois qu’une certaine discrétion doit être conservée pour ce type d’initiatives, les autorités chinoises n’autorisant la tenue d’activités religieuses que dans les lieux enregistrés officiellement comme tels.
D’autres entrepreneurs catholiques choisissent d’aider l’Eglise d’une autre façon. A Wuan, le propriétaire d’une usine située en bordure d’une route à grande circulation a ainsi fait ériger un grand panneau où est inscrit le numéro de téléphone de la paroisse catholique locale. Le curé de la paroisse, le Père Zheng Ruiping, explique que le souhait de cet entrepreneur était que le maximum de gens ait l’opportunité d’entrer en contact avec l’Eglise.
Dans le nord-ouest du pays, la dirigeante, catholique, d’une usine d’électronique dit chercher à embaucher en priorité des catholiques. Parmi la centaine de ses employés, plus de trente sont catholiques.
Dans la zone économique spéciale de Shenzhen, qui jouxte Hongkong, l’Association patriotique locale a organisé en mai dernier un séminaire sur la gestion des entreprises. Une quarantaine de personnes y ont pris part, dans les locaux de la paroisse Saint-Antoine. Pour Peng Jincheng, président de l’Association, le fait que des entrepreneurs catholiques se réunissent pour se former dans un contexte de compétition acharnée est une bonne chose. «Cela leur montre que l’Eglise s’intéresse à eux», dit-il. L’expérience ayant été jugée concluante, d’autres séminaires seront organisés l’an prochain. (apic/eda/pr)
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