Hongkong: La loi sur l’éducation votée le 8 juillet entraîne la contestation des Eglises
Hongkong, 21 juillet 2004 (Apic) Les Eglises chrétiennes de Hongkong n’entendent pas appliquer la loi sur l’éducation, votée le 8 juillet 2004 à Hongkong par le Legco. Ils la contesteront devant les tribunaux.
« Nous regrettons profondément que le gouvernement n’a voulu tenir compte de l’opinion de ses partenaires de longue date dans la promotion de l’éducation, à savoir les organismes de tutelle des écoles sous contrat (school-sponsoring bodies). Il a agi de manière unilatérale pour changer radicalement la façon dont les écoles sont dirigées », indiquait dans un communiqué le diocèse catholique de Hongkong, peu après l’adoption de cette loi.
Présentée au Legco (Legislative Council), le Parlement de Hongkong, par le gouvernement de Tung Chee-hwa, la loi a été adoptée à l’issue d’un débat de treize heures par une majorité de 29 voix, les députés favorables au gouvernement (y compris les libéraux et les pro-Pékin). 21 députés ont voté contre. Et les amendements déposés par les parlementaires proches des démocrates pour atténuer la portée du texte de loi ont été systématiquement écartés.
Dans les mois précédant ce vote, à de nombreuses reprises, l’Eglise catholique ainsi que les principales Eglises protestantes de Hongkong avaient manifesté leur opposition à cette réforme du mode de fonctionnement des écoles sous contrat.
Pour Mgr Zen Ze-kiun, évêque de Hongkong, le gouvernement, en passant outre à l’opposition des Eglises chrétiennes sur ce dossier, « a gravement porté atteinte au système éducatif de Hongkong, un système qui a prouvé son efficacité au fil des décennies ». Critiquant le gouvernement pour ses tentatives visant à créer des divisions entre les organismes de tutelle des écoles, les parents d’élèves et les enseignants – « en cherchant à nous faire apparaître comme opposés à la gestion des écoles par elles-mêmes » -, l’évêque a dit aux Hongkongais que l’Eglise catholique continuera son oeuvre dans le domaine éducatif « jusqu’à ce que nous soyons forcés de l’abandonner ».
L’Eglise catholique assure la tutelle de 317 établissements scolaires à Hongkong (cycles primaire et secondaire).
Bataille juridique
Dans l’immédiat, l’évêque a annoncé qu’il consultait des juristes car il envisageait de contester la validité constitutionnelle de la nouvelle loi. Selon lui, en effet, l’Eglise est fondée à attaquer en justice le gouvernement sur la base de l’article 141 de la Loi fondamentale, qui garantit aux organisations religieuses de Hongkong le droit de diriger des écoles « selon leurs pratiques antérieures ».
De leur côté, l’Eglise anglicane et l’Eglise méthodiste de Hongkong ont déclaré qu’elles ne formeront pas les comités de gestion demandés par le nouveau texte de loi et que leurs écoles (65 pour l’Eglise anglicane et 18 pour l’Eglise méthodiste) continueront à fonctionner selon l’ancien schéma, lequel, ont déclaré leurs responsables, permet un haut degré de transparence et la participation de nombreux parents d’élèves et enseignants à la gestion des écoles. (apic/eda/pr)
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