Mais crimes et exactions au quotidien ne sont pas du cinéma
Brasilia, 26 juillet 2004 (Apic) Mgr Erwin Krautler, évêque de la prélature du Xingu, dénonce les crimes et les exactions dans le Haut Xingu, au Brésil, commis par de prétendus propriétaires fonciers.
«Parfois, notre terre ressemble au Far West, comme dans les films où agissent des gardes armés à la solde d’ambitieux grileiros – de prétendus propriétaires fonciers n’ayant aucun titre de possession) – des usurpateurs de terres indigènes».
Mgr Krautler dénonce le règne des homicides dans les champs et dans les villes, où des travailleurs sont réduits en esclavage, où sont commis des vols et des agressions, des exécutions sommaires perpétrées par des tireurs à moto ou au visage masqué.
Pour lui, «ces crimes, et bien d’autres encore, font ressembler cette terre à une terre sans loi». Mgr Erwin Krautler, est évêque de la prélature du Xingu (dont le siège se trouve à Altamira), une région considérée comme la dernière zone agricole de l’Etat du Pará (nord du Brésil) et celle où se concentrent les abus et les violations en tous genres.
Dans une lettre envoyée aux autorités, dont la copie est parvenue à l’Agence Misna, le prélat d’origine autrichienne, intégré dans la région depuis plus de 30 ans et connu pour son combat aux côtés des pauvres et des travailleurs, dresse un cadre dramatique basé sur les témoignages recueillis par la Commission pastorale de la terre (CPT) et le Conseil indigéniste missionnaire (CIMI).
«Je suis très peiné pour la population qui vit dans la peur et privée des droits les plus élémentaires garantis par la Constitution fédérale. Ce sont essentiellement des familles venues du sud, du sud-est et du centre du Brésil à la recherche de meilleures conditions de vie, mais qui subissent aujourd’hui les conséquences de l’absence de l’Etat» dénonce l’évêque, en précisant que les forces de sécurité sont tout à fait insuffisantes.
Entre corruption et oubli
«Les gens me racontent sans cesse que des personnes en uniforme sont coupables de corruption» continue-t-il, «ils se sentent complètement abandonnés. Il suffit de penser à l’hiver dernier (saison des pluies): les routes ont été coupées, les villages isolés, les gens ont péri de maladies banales parce qu’ils n’avaient pas accès aux médicaments».
L’occupation abusive de terres par les grileiros, le déboisement sauvage, le trafic de bois, l’esclavage, l’exploitation de la main d’oeuvre et le trafic de drogue sont, dénonce encore le prélat, les crimes les plus graves commis dans le Haut Xingu. L’évêque conclut sa lettre par un appel aux autorités afin qu’elles protègent les habitants de la région, «qui méritent toute l’attention du gouvernement». (apic/misna/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse