Inde: Une «christologie asiatique féministe» est possible en Asie

Des théologiens asiatiques ouvrent le débat dans « Missione oggi »

New Delhi, 27 juillet (Apic) Est-ce qu’une « christologie asiatique féministe » est possible? La réponse est « oui », assure Shalini Mulackai, enseignant de théologie à l’Université « Vidyajyoti » des jésuites de New Delhi, en Inde.

Dans un article publié par « Missione oggi », le mensuel des missionnaires savériens Italiens, l’auteur écrit que « les femmes asiatiques voient la masculinité de Jésus comme une particularité historique et non comme un indicateur de la masculinité de Dieu ». Les féministes asiatiques, poursuit-il, « sont toutefois conscientes de leur appartenance à une Eglise qui exclut les femmes de l’ordination ».

Selon le théologien, ces mêmes féministes croient que le Christ ressuscité a dépassé toutes ces particularités, y compris sa masculinité. « Elles considèrent que leur tâche est d’affirmer l’humanité de Jésus, plutôt que son genre ». En conséquence elles mettent en évidence les caractéristiques de « libérateur » et de « serviteur souffrant ».

« En plus des significations données aux images traditionnelles de Jésus, comme le serviteur souffrant et le Seigneur, certaines femmes ont créé de nouvelles figures », qui « représentent Jésus comme libérateur et martyr politique, alors que d’autres le montrent comme une mère, une femme ou un chaman ».

La figure de la mère « est très répandue: beaucoup de femmes asiatiques voient en Jésus une mère pleine de compassion, qui sent profondément les peines de l’humanité et qui souffre et pleure avec elle. Elle pleure comme les mamans qui ont perdu leurs fils dans les guerres et avec toutes les femmes coréennes dont les fils et les filles ont été séquestrées par la police secrète ».

Selon la théologienne indonésienne Marianne Katoppo, la figure de Jésus-maman rompt avec les modèles paternalistes, autoritaires et hiérarchiques de nos vies et elle construit entre les personnes un rapport maternel et attentif, qui met au monde et accompagne la croissance ».

Figure féminine

Dans sa réflexion, la théologienne coréenne Viriginia Fabella parle de chamanisme, une religion traditionnelle coréenne où le chaman est une femme « qui est le guérisseur, le soutien, le conseiller des femmes, comme Jésus l’a été durant son ministère public ». Les coréennes voient donc en Jésus « une figure féminine » plutôt qu’une figure masculine.

Enfin, la théologienne indienne Gabriele Dietrich utilise pour Jésus des images féminines et « associe l’Eucharistie à l’écoulement du sang menstruel des femmes. Dans un contexte global marqué par l’oppression, la pauvreté et la souffrance, les femmes asiatiques présentent cette figure traditionnelle de Jésus, en mesure de donner un sens et un but à leur vie de misère. Mais elles ont également créé de nouvelles images, nées de leurs expériences directes. Même si la majorité des asiatiques ne sont pas chrétiens, ils voient en Jésus un libérateur, un sauveur et un modèle qui peut les aider à transformer leur situation actuelle ». (apic/vd/pr)

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