Congo RDC: Vendeuse d’eau dans la capitale diamantifère
Mbujimayi, 29 juillet 2004 (Apic) A Mbujimayi, ville du centre du Congo RDC, des vendeuses d’eau se sont groupées dans la capitale diamantifère du pays. Elles travaillent, et font le commerce du sachet d’eau. Pour survivre au pays du diamant. Qui manque d’eau potable.
Un spectacle insolite accueille le visiteur qui débarque pour la première fois à l’aéroport de Bipemba à Mbujimayi, ville située au centre de la République Démocratique du Congo, RDC. Une foule de gens, pauvres pour la plupart, est agglutinée dans les abords de la capitale du diamant en attente d’offrir ses services. Dans cette foule, on remarque vite des femmes d’un certain âge qui font le commerce de sachets d’eau froide appelée ici « mayi a mashika » ou » mayi matalala’’.
Contrairement aux villes du pays où cette activité est exercée principalement par les jeunes gens, ici les femmes dominent dans le secteur. De mise modeste, ces dernières sont visibles sur les lieux à toute heure dans la ville diamantifère, surtout dans les endroits où règne une certaine activité: les marchés de Bakwadianga et de Simis, les comptoirs de diamant ainsi que les grands magasins.
Un groupe de ces vendeuses a « élu domicile » aux abords des dépendances de la cure de la paroisse-cathédrale Saint-Jean de Bonzola. La représentante du groupe, Rose, témoigne à l’Agence DIA des conditions difficiles de son travail de vendeuse d’eau qu’elle et les autres mènent. Levées tôt dans la matinée, ces femmes rentrent le soir chez elles avec une recette journalière de l’ordre d’un dollar. Si tout va bien. Les dames de son groupe issues, refoulées du Katanga il y a une dizaine d’années n’ont pas trouvé mieux comme travail qu’une telle activité pour assurer leur survie, pour payer leur loyer, leur nourriture et surtout les études de leurs enfants, espoir d’un futur meilleur.
Certaines assurent payer des études universitaires à leur progéniture. De la paroisse à la ville en aller-retour et de leur pérégrination, ces femmes parcourent ainsi une quinzaine de kilomètres au quotidien pour écouler un bassin de sachets de ’’mayi matalala’’. Elles sont âgées de 30 à 50 voire 55 ans, et n’espèrent pas voir leur condition de vie s’améliorer. L’épargne? Mieux vaut ne pas en parler. Ni y penser Aujourd’hui, elles sont au nombre d’une trentaine, aidées pendant la période de vacances scolaires par leurs filles et garçons de 10 à 15 ans dans le remplissage des sachets d’eau. Un liquide précieux, dans cette région. Mais moins que les diamants.sur le marché s’entend. (apic/dia/pr)
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