Rome: Publication sur le rôle de la femme dans l’Eglise et dans le monde
Rome, 1er août 2004 (Apic) Le Vatican tire à boulets rouges sur le féminisme radical, qui tend à balayer les différences entre les sexes. Dans une lettre aux évêques publiée le 31 juillet, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi prône une promotion de la femme dans la société et dans la vie professionnelle compatible avec son rôle de mère.
Le document de 39 pages intitulé « La collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde » est signé du cardinal allemand Joseph Ratzinger et de Mgr Angelo Amato, respectivement préfet et secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Il a été diffusé en italien, français, anglais, allemand, espagnol et portugais.
La lettre dénonce sans le nommer le féminisme radical, dont Judith Butler est la porte-parole aux Etats-Unis. Selon cette dernière, la différence entre hommes et femmes serait essentiellement déterminée non par le sexe, mais par la culture. Dans l’économie chrétienne du salut, « l’homme et la femme ne ressentent plus leur différence en termes de rivalité ou d’opposition, mais en termes d’harmonie et de collaboration », explique Mgr Angelo Amato dans une interview accordée le 31 juillet à Radio-Vatican. Selon lui, la nouveauté de ce document réside dans la réponse à deux tendances bien précises de la culture contemporaine. La première souligne la condition de subordination de la femme qui, pour être elle-même devrait se situer en opposition à l’homme. « On établit ainsi une rivalité radicale entre les sexes: l’identité et le rôle de l’un est au détriment de l’autre », affirme Mgr Amato. « Un second courant tend à effacer les différences entre les deux sexes. La différence corporelle, qu’on appelle sexe, est minimisée et considérée comme le simple effet de conditionnements socio-culturels », poursuit le secrétaire de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, tout en dénonçant « la contestation du caractère naturel de la famille composée d’un père et d’une mère, l’équivalence établie entre homosexualité et hétérosexualité, la proposition d’une sexualité polymorphe » qui en découlent.
Pour une collaboration active entre l’homme et la femme
Face à ces courants de pensée, l’Eglise, « éclairée par la foi en Jésus Christ, parle plutôt d’une collaboration active entre l’homme et la femme, précisément dans la reconnaissance de leur différence elle-même », soutient le Vatican dans son document.
Se basant sur les textes biblique, et en particulier sur les récits de la Genèse, la lettre aux évêques souligne que l’humanité est « articulée, dès son point de départ, par la relation entre le masculin et le féminin ».
« Dans l’unité des deux, l’homme et la femme sont appelés depuis le commencement non seulement à exister l’un à côté de l’autre ou bien ensemble, mais aussi à exister réciproquement l’un pour l’autre … Le texte de Genèse montre que le mariage est la dimension première et, en un sens, fondamentale de cet appel. Mais non l’unique », relève le Vatican. Le document fait ensuite de la figure de Marie la référence fondamentale du premier devoir de l’Eglise: demeurer en la présence de ce mystère d’amour de Dieu, manifesté par le Christ, de le contempler et de le célébrer. « De Marie, l’Eglise apprend le sens de la puissance de l’amour, telle que Dieu la déploie et la manifeste dans la vie même de son Fils bien aimé », soutient le document. « Bien loin de donner à l’Eglise une identité fondée sur un modèle contingent de la féminité, la référence à Marie, avec une disponibilité à l’écoute, à l’accueil, à l’humilité, à la fidélité, à la louange et à l’attente, situe l’Eglise dans la continuité de l’histoire spirituelle d’Israël ». La Congrégation pour la Doctrine de la Foi relève que ces attitudes caractéristiques de Marie « devraient être le fait de tout baptisé », mais « il appartient à la femme de les vivre avec une particulière intensité et avec naturel ». Le Vatican en déduit que « le fait que le sacerdoce ministériel soit exclusivement réservé aux hommes n’empêche en rien les femmes d’accéder au coeur de la vie chrétienne ».
Ne pas enfermer la femme dans un destin biologique
C’est sans aucun doute dans le domaine social que la lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi approfondit le plus les perspectives de développement en vue de promouvoir la place de la femme. « Même si la maternité est un élément fondamental de l’identité féminine, cela n’autorise absolument pas à ne considérer la femme que sous l’angle de la procréation biologique », prévient le texte. Ainsi, la vocation chrétienne à la virginité – vécue notamment par les religieuses – « constitue une contestation radicale de toute prétention à enfermer les femmes dans un destin qui serait simplement biologique ». Pour le Vatican, « la maternité peut trouver des formes d’accomplissement plénier même là où il n’y a pas d’engendrement physique ».
Le document, tout en soulignant le rôle primordial de la femme dans la construction de la famille, prône sa présence « dans le monde du travail et dans les instances de la société », et demande leur « accès à des postes à responsabilité ». Le problème de la combinaison entre les activités familiale et professionnelle, pour le Vatican, « n’est pas seulement juridique, économique ou organisationnel; il s’agit surtout d’une question de mentalité, de culture et de respect. Cela requiert en effet une juste valorisation du travail effectué par la femme au sein de la famille. » Ainsi, selon la Congrégation pour le Doctrine de la Foi, « les femmes qui le désirent librement pourront consacrer la totalité de leur temps au soin du ménage, sans être socialement défavorisées, ni économiquement pénalisées; tandis que celles qui désirent avoir d’autres activités pourront le faire avec des horaires adaptés, sans être mises devant le choix de sacrifier leur vie de famille ou d’être soumises quotidiennement au stress, ce qui ne favorise ni l’équilibre personnel, ni l’harmonie familiale ». (apic/doc/zenit/bb)
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