Une représentation hostile du mouvement féministe

Allemagne: L’évêque luthérienne Kässmann dénonce le document du Vatican sur la femme

Hanovre, 4 août 2004 (Apic) L’évêque luthérienne allemande Margot Kässmann a sévèrement critiqué le document du Vatican sur la place de la femme dans l’Eglise et la société paru le 31 juillet. Elle si dit «décontenancée de voir comme le Vatican parle des femmes et du mouvement féministe, pour en faire des clichés et même des représentations hostiles».

L’évêque luthérienne de Hanovre s’est exprimée dans le quotidien «Kölner Stadt-Anzeiger», du 3 août. Ella a traité de «simple bêtise» le reproche adressé au féminisme de vouloir nier les différences entre hommes et femmes. Selon elle, le Vatican ne comprend pas que la théologie féministe constitue un enrichissement et une extension de la représentation souvent réductrice de Dieu.

Margot Kässmann reproche également au Vatican «un manque d’autocritique». Elle déplore que le document diffusé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi ne fasse aucune mention de la façon dont l’Eglise a réprimé les femmes durant des siècles, ne leur a jamais donné la parole et les exclue encore actuellement du sacerdoce. De plus, rien n’est dit sur la chasse aux sorcières et la participation de l’Eglise. L’évêque luthérienne déplore également que le texte du Vatican n’exprime «pas un mot d’indignation sur la violence, la dégradation basée sur des arguments bibliques, et pas un mot sur les mutilations génitales, autorisées par certaines Eglises».

Pas de ministère ordonné pour la femme

Pour sa part, l’Institut des religions de la Fédération évangélique à Bensheim a souligné qu’il manquait dans le document du Vatican des précisions sur le rôle de l’homme et du père de famille. Le texte se base sur le point de vue spéculatif du pape Jean Paul II selon lequel le rôle spécifique de la femme dans l’Eglise ne se situe pas dans un ministère ordonné mais dans l’attitude mariale de l’écoute, de l’humilité, de la louange et de l’espérance.

L’Institut souligne toutefois que la crainte de voir le Vatican renvoyer la femme aux fourneaux ne s’est pas vérifiée. Une immobilisation de la femme basée sur le concept biologique de la maternité a ainsi été écartée. Le document a également rejeté la discrimination sexuelle et a demandé des mesures pour que les femmes puissent concilier famille et activité professionnelle. (apic/kna/job/bb)

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