Madagascar: Une secte d’origine brésilienne fait brûler des Bibles
Tananarive, 29 août 2004 (Apic) Les responsables d’une secte chrétienne d’origine brésilienne, l’Eglise Universelle du Royaume de Dieu, ont fait brûler des Bibles et des livres de cantiques catholiques et protestantes. Cet acte d’intolérance religieuse, qui a eu lieu au début août à Ampasambazaha, un quartier de Fianarantsoa, la seconde ville située sur la côte Est du pays, a provoqué émoi et indignation à Madagascar.
Cet acte suscite toujours réprobation colère et amertume à travers tout le pays. Le ministre de l’Intérieur prévoit de sévir et le maire de la ville préconise des sanctions exemplaires contre la secte. Selon le quotidien malgache, « La Gazettte » qui a rapporté les faits, l’autodafé a choqué. Des témoins de la scène et même des fidèles de la secte ont exprimé leur chagrin, voire leur colère. Ils ont estimé que l’Eglise Universelle du Royaume de Dieu est allée trop loin dans son acte de prosélytisme.
La liberté de religion dépassée
L’opération avait pour objectif de convaincre les populations de Fianarantsoa présentes sur les lieux au moment des faits, qu’elle est la seule religion valable sur la terre. Le Général Soja, ministre de l’Intérieur, a réagi avec fermeté à cet acte. « J’accepte la laïcité de l’Etat et la liberté de religion, mais on ne peut pas accepter qu’une religion ou une secte se permette de souiller les autres », a-t-il déclaré « La Gazette ». Il a ajouté que le gouvernement prendra ses responsabilités.
« Ce genre d’actions peut être assimilé à une forme d’intégrisme qui risque de perturber l’ordre public », a-t-il encore indiqué, faisant remarquer que « le non respect, l’intolérance des autres religions existantes à Madagascar, sont inacceptables ». Pour sa part, Pety Rakotoniaina, maire de la ville de Fianarantsoa, a indiqué que si la suppression d’une association faisait partie de ses prérogatives, il aurait « déjà suspendu l’Eglise Universelle de
Dieu ».
« La liberté de religions, stipulée dans la Constitution est acceptée à Madagascar, mais s’attaquer aux autres, surtout brûler les Bibles des chrétiens, cela dépasse les bornes », a-t-il déploré. Bien que militant d’un parti politique dont les concepts étaient à l’origine contre le christianisme, Pety Rakotoniaina a noué des liens avec des dirigeants d’Eglises, dans les années 90, surtout lors du mouvement post-électoral de 2002.
Les sectes pullulent
L’acte provocateur de l’Eglise Universelle du Royaume de Dieu a eu lieu au moment où « l’obscurantisme, le fanatisme et l’intégrisme » politiques et religieux paraissent gagner du terrain à Madagascar. Depuis deux ans, écrit « La Gazette », le radicalisme, notamment dans les sectes religieuses qui pullulent sur tout le territoire, bouscule, voire viole, les consciences, sans que les fidèles s’en aperçoivent. Les radios et télévisions « évangéliques » relaient ces propos extrémistes, écrit le journal malgache. Qui dénonce cette incroyable profusion d’ »églises indépendantes », généralement d’origine protestante, qui ne sont pas reconnues par le Conseil des Eglises Chrétiennes de Madagascar (Ffkm).
Les « églises parallèles » ou sectes religieuses ont le vent en poupe à Madagascar. Elles sont venues du Brésil, des Etats-Unis et de certains pays africains. Cette présence massive commence à inquiéter les Malgaches, notent les observateurs. Au rythme actuel, elles pourraient détrôner les religions traditionnelles (catholique, église protestante, église anglicane), en terme d’audience. (apic/ibc/be)
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