Euthanasie à moins de 12 ans: la dernière limite est dépassée!

Rome: Le Vatican s’insurge contre le nouveau protocole d’euthanasie aux Pays-Bas

Rome, 3 septembre 2004 (Apic) Mgr Elio Sgreccia, vice-président de l’Académie pour la vie, a sévèrement condamné le nouveau texte du protocole aux Pays-Bas concernant « l’extension de la possibilité d’euthanasie » pour les enfants de moins de 12 ans. « La dernière limite a été dépassée », a affirmé le prélat.

Parlant « d’anesthésie » de la société, Mgr Sgreccia a critiqué « le relativisme moral » et mis en garde contre « la primauté de l’économie » dans un article intitulé « L’euthanasie en Hollande: également pour les enfants! », paru dans « L’Osservatore romano » du 3 septembre.

« Désormais, avec ce dernier accord médico-judiciaire on dépasse une limite se trouvant dans les codes d’Helsinki et jusqu’ici valable jusqu’à l’expérimentation clinique », a affirmé Mgr Sgreccia dans le quotidien du Saint-Siège. « L’euthanasie serait permise – selon les informations qui ont été diffusées et qu’il faut retenir comme fondées malheureusement – également pour les enfants de moins de 12 ans, nouveaux-nés inclus, et pour lesquels on ne peut certainement pas parler d’accord valide », a justifié ce membre du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

L’évêque italien, également professeur d’anthropologie, a auparavant rappelé que la loi votée par le parlement néerlandais le 1er avril 2002 permettait l’aide à mourir – « le suicide assisté » – non seulement aux adultes infirmes en ayant fait la demande « explicite, raisonnée et répétée » et aux jeunes de 16 à 18 ans ayant fait la demande écrite, mais aussi aux adolescents de 12 à 16 ans, à condition que leurs parents ou leurs tuteurs juridiques ajoutent leur accord à la demande personnelle « des sujets souffrant de maladies inguérissables ou de douleur ».

Le dernier accord qui aurait été récemment passé entre la clinique universitaire de Groningen (Pays-Bas) et les autorités judiciaires hollandaises établirait « avec une rigueur extrême, pas après pas, les procédures que doivent suivre les médecins » pour affronter « la libération de la douleur » d’enfants gravement malades, en les soumettant à l’euthanasie, a expliqué Mgr Sgreccia. Il a toutefois précisé que jusqu’ici « il n’avait pas été possible de trouver le texte du protocole », et que ces informations provenaient de nouvelles diffusées par les agences de presse et attribuées au directeur de la clinique, le Dr Edward Verhagen.

« Les observations qui surgissent spontanément » de cette décision sont nombreuses et « profondément déconcertantes, surtout sur le plan moral », a déclaré le vice-président de l’Académie pour la vie. Pour lui, il s’agit en effet d’une « véritable euthanasie ».

Aujourd’hui les enfants, et demain les handicapés mentaux?

Mgr Sgreccia s’est montré inquiet du fonctionnement « de la loi du plan incliné », selon laquelle « une fois admise la légitimité de la mort infligée par pitié à l’adulte conscient et informé qui en a fait la demande explicite et répétée, l’on est passé aux jeunes et aux adolescents avec l’accord de leurs parents ou de leurs tuteurs, puis aux enfants et aux nouveaux nés, évidemment sans leur accord ». « Il est facile de prévoir que le glissement sur le plan incliné de l’euthanasie continuera dans les prochaines années jusqu’à inclure les patients adultes retenus incapables de la demander, comme par exemple les malades mentaux ou les sujets dont le coma persiste ou en état végétatif », a-t-il ajouté.

Le prélat italien a alors invité son lectorat à une longue réflexion sur « les fondements éthiques » d’une telle loi, sur « le principe d’humanité » et sur « la dérive utilitariste » de la société contemporaine, dont l’idéologie serait « la maximisation du plaisir et la minimisation de la douleur ». En condamnant sévèrement « le relativisme moral », parlant « d’anesthésie » de la société, il a également mis en garde contre « la primauté de l’économie » causant la domination des personnes fortes et en bonne santé. Pour lui, « être dans l’humanité », c’est respecter la dignité de la personne et défendre une éthique de la liberté et de la solidarité.

Il a ensuite rappelé la position de l’Eglise catholique, « bien connue, constamment répétée et confirmée » qui condamne tout « geste homicide », à l’égard d’un être humain innocent, qu’il soit « foetus, embryon, enfant, adulte, âgé, malade incurable ou agonisant ». « Personne, en outre, ne peut demander ce geste homicide pour lui-même ou pour un autre confié à sa responsabilité, ni ne peut y consentir explicitement ou implicitement », a-t-il rappelé. Car, pour les catholiques, il s’agit « d’une violation de la loi divine » et « d’un crime contre la vie ». Pour Mgr Sgreccia, il en va « de la dignité de la vie de tout homme ». (apic/imedia/bb)

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