Rome: Le cardinal Poupard pour une autre stratégie pour lutter contre le terrorisme
Rome, 13 septembre 2004 (Apic) Le cardinal Paul Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture, appelle à la mise en place de « stratégies alternatives » pour lutter contre le terrorisme.
Depuis les attentats new-yorkais du 11 septembre 2001, « nous avons assisté à une véritable escalade de la violence. On a l’impression que l’on a allumé une mèche qui a mis le feu à des événements toujours plus tragiques. Il est nécessaire de briser cette chaîne », a souligné dimanche le cardinal sur les ondes de Radio Vatican.
« On ne peut pas combattre le terrorisme avec ses propres armes. Il est nécessaire d’adopter véritablement des stratégies alternatives, qui fassent le vide autour de ceux qui tentent de terroriser les peuples du monde et les démocraties qui les gouvernent », a estimé le prélat français.
Pour le cardinal, les stratégies alternatives au terrorisme doivent passer par la lutte contre les inégalités et contre la pauvreté, afin de « promouvoir une culture du dialogue et de la réconciliation ».
« Une simple réponse armée à une action violente ne suffit pas, et renforce même cette dramatique dynamique, cette spirale de mort », a encore commenté le président du Conseil pontifical pour la culture. Pour lui, « les apparentes démonstrations de force se révèlent en réalité comme des marques de faiblesse, qui fomentent la haine et la peur ». Pour le cardinal Poupard, il est aussi nécessaire de lutter contre ceux qui « soutiennent la thèse d’un conflit de civilisations ».
« Le 11 septembre représente le début d’une nouvelle phase de cruauté et de déshumanisation. Le terrorisme a transformé les hommes et les femmes en animaux féroces, incapables du moindre signe d’humanité », a aussi relevé le cardinal Poupard, lors de la Journée de l’interdépendance, organisée par la mairie de Rome, le 12 septembre 2004.
Au cours de son intervention, le cardinal français a souligné que face à la barbarie du terrorisme, « notre humanité semble avoir rétrogradé de milliers d’années. Nous ne pouvons pas nous habituer à vivre cette perte de sens de l’existence humaine ». Il faut au contraire « combattre le mal, en nous engageant tous dans une reconquête collective, dans un engagement d’espérance », a conclu le prélat. (apic/imedia/hy/pr)
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