Notre société post-chrétienne a «une soif évidente de spiritualité»
Fribourg, 14 septembre 2004 (Apic) L’Eglise, en Suisse, ne connaît pas vraiment un élan de renouveau. Et pourtant, notre société post-chrétienne a «une soif évidente de spiritualité», relèvent les évêques suisses dans leur lettre pastorale intitulée «Etre une Eglise missionnaire», qui sera lue lors des messes les 18 et 19 septembre lors du Jeûne fédéral.
En partant de la parabole du semeur (Mc 4,3), les évêques suisses invitent les catholiques à la confiance, malgré la disparition d’un «certain terreau catholique» dans la société. «Si nous jetons un regard sur l’évolution de la vie de l’Eglise dans notre pays, nous constatons qu’il n’y a pas vraiment d’élan de renouveau. Beaucoup d’entre nous ont encore connu l’Eglise comme une forteresse au sein de la société moderne», relève la Conférence des évêques suisses dans son message.
«Cela se remarque surtout dans l’absence de transmission de la foi des parents aux enfants. Et c’est trop demander à la catéchèse que d’initier, à elle seule, nos jeunes à la vie de l’Eglise».
«Cependant», poursuivent les évêques en reprenant l’image du semeur, «de même que la terre est déjà préparée en automne pour les nouvelles semailles, de même il y a dans notre société post-chrétienne comme une attente, une soif évidente de spiritualité. Dans les crises de la vie, dans le besoin de réconfort au quotidien ou dans la quête désespérée de sens, les hommes cherchent à pénétrer les secrets de la vie».
Mais les chrétiens «ne peuvent se contenter d’explications faisant appel à des énergies mystérieuses dans le cosmos ou dans le coeur de l’homme». «Car la main qui cherche de l’aide, selon les évêques, cherche en réalité cette autre main, ce vis à vis qui l’accueille sans conditions. Mais cette recherche souvent inconsciente d’un ’Tu’ divin peut en rester là, sans la foi explicite au Dieu de Jésus-Christ».
Construire ensemble la communauté ecclésiale
Les évêques suisses invitent les fidèles à «porter ensemble la responsabilité de la construction de la communauté ecclésiale». «En raison du Baptême et de la Confirmation, nous sommes ensemble responsables de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, pour que cette Bonne Nouvelle touche les coeurs et permette à l’Eglise de se laisser envoyer et d’être généreusement missionnaire», lancent-ils dans leur message.
«Chez nous en Suisse, en bien des endroits, l’argent ne manque pas. De plus, la plupart sont baptisés. Mais il manque souvent la conviction de pouvoir gagner de nouvelles personnes à Jésus-Christ», constatent les évêques, avant d’inviter les paroisses à «cultiver partout un nouveau sens de l’accueil, de l’invitation fraternelle et de l’attention sincère au prochain».
«Ce sens de l’accueil est un signe de vie qui ne laisse pas indifférent. Car un tel accueil dans nos paroisses et nos organismes ecclésiaux peut donner aux autres le courage de poser la question de l’Espérance qui nous habite», affirment les évêques suisses.
Dans leur message, ils invitent tous à «créer de nouveaux espaces où puisse se vivre la foi. Le lieu de la foi le plus important étant la famille. Là, par la vie chrétienne vécue ensemble et par la prière partagée, peut naître une véritable Eglise domestique». Ils appellent également les communautés religieuses, les mouvements et les institutions à «promouvoir l’esprit missionnaire de l’Evangile».
Les évêques affirment en conclusion: «Notre communauté doit toucher des personnes en recherche par son sens de l’accueil et par sa chaleur humaine. Cela vaut aussi pour le monde du travail, où règnent trop souvent la concurrence acharnée et la solitude: il est possible de créer, dans la vie publique, des espaces de vie humains, où des valeurs chrétiennes, telles que la solidarité et la fraternité, sont réellement vécues». (apic/com/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/fribourg-lettre-pastorale-des-eveques-suisses-pour-le-jeune-federal-2004/